Sur la une de l’édition du 18 mai du Washington Post, une femme, entourée de personnes levant les bras vers le ciel, brandit un drapeau américain. À Washington, dimanche 17 mai, c’était “journée de prière sur le National Mall”, titre le quotidien de la capitale fédérale. Des milliers de personnes se sont réunies sur une partie de l’esplanade nationale qui s’étend du Washington Monument au Capitole, la transformant en “un lieu de culte aux allures d’office évangélique”.

Cet événement, baptisé “Rededicate 250”, était “soutenu par le président Donald Trump et financé par des millions de dollars provenant des contribuables”, explique le titre américain. Selon ses organisateurs, il avait pour but “le renouvellement de [l’]engagement en tant que nation unie sous l’égide de Dieu”.

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Pendant huit heures, les participants ont prié, dansé et écouté les différents orateurs qui se sont succédé à la tribune et sur les écrans géants. Parmi eux figuraient plusieurs figures de l’administration Trump comme le vice-président, J. D. Vance, la directrice du renseignement, Tulsi Gabbard, ou encore le chef de la diplomatie, Marco Rubio.

Simplification de l’histoire

Donald Trump n’était pas présent, car “il jouait au golf dimanche après-midi”, selon la NPR, la radio publique américaine. Le président américain a tout de même fait une apparition dans une vidéo préenregistrée. Lui qui “n’est pourtant pas connu pour citer la Bible” a lu un passage des Écritures, relate le Washington Post.

Ce grand rassemblement religieux, qui s’inscrit dans les festivités du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis, était une nouvelle occasion pour le gouvernement de faire le lien entre le christianisme et la fondation de la nation américaine.

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“Avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche pour un second mandat, les responsables américains évitaient presque toujours d’identifier publiquement les États-Unis à une doctrine religieuse particulière, note le Washington Post. Cette retenue a disparu avec les membres du cabinet Trump.”

Une initiative qui se heurte à une certaine opposition dans le pays. Et pas seulement celle des quelques dizaines de personnes réunies à Washington dimanche pour protester contre cette tentative de réécriture historique.

“Certains spécialistes de l’histoire religieuse des États-Unis et critiques de l’administration Donald Trump ont estimé que l’événement de dimanche blanchit – ou simplifie à l’excès – une histoire fondatrice bien plus complexe et diverse, écrit le Washington Post. Ils ont également rappelé que les pères fondateurs américains avaient choisi, dans la Constitution, de maintenir une séparation entre la religion et le gouvernement.”