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Géopolitique

Agathe Demarais, économiste : « La hausse du cours du pétrole ne réglera pas les difficultés économiques de la Russie, car ses réserves s’épuisent »

Dans une tribune au « Monde », la chercheuse explique que le pays est bloqué par des difficultés budgétaires, la limitation de ses capacités de production d’or noir et une pénurie de main-d’œuvre.

Agathe Demarais, économiste : « La hausse du cours du pétrole ne réglera pas les difficultés économiques de la Russie, car ses réserves s’épuisent »
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L’idée que la Russie serait la grande gagnante de la guerre israélo-américaine contre l’Iran semble faire consensus. Pourtant, à Moscou, certains ministres n’ont pas l’air d’avoir reçu cette information. Le 17 avril, le ministre du développement économique déclarait ainsi, à l’occasion d’un forum d’affaires, que « les réserves économiques de la Russie [étaient] largement épuisées ». « Notre situation macroéconomique est devenue beaucoup plus difficile », ajoutait Maxime Rechetnikov. Il pourrait avoir raison. La récente hausse du cours du pétrole ne réglera pas les difficultés économiques du pays, car les réserves sur lesquelles le Kremlin a pu s’appuyer jusqu’ici s’épuisent.

La disparition de trois mirages permet de résumer l’état actuel de l’économie russe. Le premier est la croyance selon laquelle l’augmentation du prix de l’or noir que provoque le conflit en Iran pourrait résoudre l’équation budgétaire de Moscou. Cela n’aura pas lieu. A 707 milliards de roubles (environ 8 milliards d’euros) en avril, les recettes fiscales issues des exportations de brut sont modestes au regard des standards russes.

Malgré les achats indiens et chinois, et en dépit des livraisons de la « flotte fantôme » russe, les revenus pétroliers d’avril sont environ 10 % inférieurs à la moyenne mensuelle de 2024 et près de 30 % en deçà de leur niveau d’avril 2025. Même si les hostilités se poursuivent en Iran, la manne financière issue de l’accroissement du cours du baril ne suffira pas à combler le déficit budgétaire. Alimenté par les dépenses militaires, celui-ci s’est établi en moyenne à près de 1 500 milliards de roubles par mois depuis le début de 2026.

Capacités d’exportation paralysées

Deuxième mirage : la poussée des cours du brut va conduire les entreprises russes du secteur à augmenter leur production. Ce n’est pas ce que l’on constate : elle a baissé au mois d’avril. L’ampleur de cette chute n’est pas anodine puisqu’elle aurait atteint entre 300 000 et 400 000 barils par jour, soit le plus fort recul enregistré depuis la pandémie de Covid-19.

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