Une fois encore, c’est au Pakistan, médiateur du conflit en Iran, qu’est revenu le soin d’annoncer la nouvelle au reste du monde. Samedi, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a ainsi fait savoir que “des pourparlers techniques” se tiendraient le dimanche 21 juin à Bürgenstock, en Suisse, dans la foulée de la signature cette semaine du protocole d’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre en Iran, rapporte Dawn.

“Des représentants des États-Unis et de l’Iran, ainsi que des médiateurs du Pakistan et du Qatar, participeront aux discussions”, a précisé le ministère.

Les discussions devaient initialement débuter vendredi, mais l’Iran avait annulé sa participation pour protester contre la poursuite des affrontements entre Israël et le Hezbollah au Liban, une violation manifeste du protocole d’accord, qui prévoyait l’arrêt des hostilités sur tous les fronts, Liban inclus.

La délégation iranienne, composée notamment du négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement iranien, et du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, est arrivée samedi soir en Suisse. Côté américain, les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, déjà présents dans le pays alpin, devaient être rejoints par le vice-président américain J.D. Vance.

L’Iran prêt à poser ses conditions

Avant de quitter Washington, M. Vance s’est brièvement adressé à la presse, précisant qu’il ne pourrait rester en Suisse “qu’un jour ou deux”, rapporte The New York Times. “J’espère que nous allons progresser sur la question du nucléaire ainsi que sur celle du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux grands sujets sur lesquels, à mon avis, nous devons nous concentrer”, a-t-il déclaré.

Outre la réouverture immédiate du détroit d’Ormuz et la levée du blocus américain des ports iraniens, le protocole d’accord signé cette semaine prévoit en effet une fenêtre de négociations de 60 jours pour trouver un accord sur le programme nucléaire iranien.

Mais selon Al-Jazeera, Téhéran n’a pas l’intention d'entamer dimanche ces “négociations techniques de 60 jours”. La délégation iranienne se rend en Suisse “pour faire comprendre” aux Américains que Téhéran “n’ira pas plus loin dans la mise en œuvre du protocole d’accord” si les Israéliens n’en respectent pas les termes.

Les Iraniens estiment que “les Américains en portent la responsabilité et doivent garantir que les Israéliens s’y conformeront”, relève la chaîne qatarie.

Situation toujours incertaine au Liban

En déclarant à la presse qu’il comptait, lors des discussions, se “concentrer” sur le “cessez-le-feu au Liban”, J.D. Vance semble avoir compris que l’arrêt des hostilités au pays du Cèdre était crucial pour espérer un accord à long terme au Moyen-Orient.

Or la situation y reste extrêmement incertaine. Ces deux derniers jours, les frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait des dizaines de morts, alors même qu’un nouveau cessez-le-feu entre l’État hébreu et le mouvement islamiste pro-iranien était censé entrer en vigueur vendredi après-midi.

Mais Washington a tapé du poing surt la table et samedi après-midi, Tsahal “a reçu l’ordre de cesser le feu au Liban et l’a transmis aux forces déployées sur le terrain”, assure L’Orient-Le Jour, relayant des informations de la chaîne israélienne Channel 12.

“Sous l’impulsion du Premier ministre [israélien] Benyamin Nétanyahou et du ministre de la Défense Israël Katz, et après coordination entre les autorités politiques et les États-Unis, Tsahal vient de recevoir l’ordre de cesser le feu au Liban”, a informé la chaîne, précisant cependant que “l’armée israélienne ne se retirerait pas du Liban pour le moment”.

« Faire monter les enchères »

Plus tôt dans la journée, l’Iran avait annoncé avoir à nouveau fermé le détroit d’Ormuz, là encore pour protester contre les frappes de l’État hébreu au Liban. Une décision semblant surtout destinée à “faire monter les enchères à l’approche des pourparlers” entre les deux belligérants, selon Ha’Aretz.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient “vigilantes” et assuré que contrairement aux assertions de Téhéran, “55 navires marchands” avaient franchi le détroit samedi, en toute sécurité.

Donald Trump, relativement discret sur le dossier iranien ces derniers jours, a martelé de son côté qu’il n’y aurait “AUCUN PÉAGE dans le détroit d’Ormuz pendant les 60 jours de la période de cessez-le-feu” et “AUCUN PÉAGE une fois cette période de 60 jours écoulée, à moins qu’ils ne soient imposés par et pour les États-Unis d’Amérique”, rapporte The Wall Street Journal.