Nous sommes le 8 mai 2025. Dans l’immensité de la chapelle Sixtine, la pourpre éclatante des soutanes dispute la vedette aux fresques murales de Botticelli, du Pérugin et de Ghirlandaio. Le dépouillement des bulletins n’est pas encore terminé, mais un tonnerre d’applaudissements retentit soudain dans l’assemblée installée face au Jugement dernier de Michel-Ange. Les 133 cardinaux venus du monde entier sont en train de suivre le décompte sur les feuillets qui leur ont été remis – ces mêmes papiers qui, sous peu, vont être brûlés avec les bulletins de vote pour générer la fumée qui signale au monde extérieur l’issue du scrutin. Ils viennent de comprendre que la majorité requise des deux tiers va être atteinte : l’Américain Robert Francis Prevost sera le nouveau pape.

Aujourd’hui, un an après ce conclave, quel bilan peut-on faire du pontificat du successeur du pape François ? Quels jalons a-t-il réussi à poser et quels sont les chantiers qu’il lui reste à ouvrir ? Quelle est sa stratégie géopolitique et quelles sont ses priorités et ses ambitions pour l’Église ?

“Un Lion face à Trump”

“Je n’ai pas peur de Trump.” Ces propos tenus face aux journalistes dans l’avion qui le conduisait en Afrique le 13 avril ont fait la une des journaux du monde entier. Près d’un an après son élection,