Marie Madeleine (Haïti)

Le deuxième long-métrage de fiction de Gessica Généus, présenté dans la section Cannes première, se clôt sur une citation de Nina Simone : “Je vais vous dire ce qu’est la liberté pour moi : aucune peur.” Tout un programme pour un film dont l’existence est un petit miracle : il vient d’Haïti, pays qui a sombré dans le chaos après l’assassinat du président Jovenel Moïse, en 2021.

Le tournage a eu lieu à Jacmel, la ville de l’actrice-réalisatrice, sur la côte sud – à distance relative de Port-au-Prince, la capitale, infestée par les gangs. Gessica Généus joue le rôle-titre, celui d’une prostituée haïtienne qui vit au jour le jour et dont la trajectoire croise celle d’un jeune évangéliste. Le film “donne à voir une Haïti vraie et sans fard”, résume Le Nouvelliste, quotidien de Port-au-Prince :

“Toutes nos misères y sont étalées, même celles qui sautent aux yeux et que l’on finit par ne plus voir.”

Sur cette trame sombre, Gessica Généus a réussi la prouesse de composer un film “imprégné d’émotion et de couleurs vives”, salue pour sa part Screen, magazine britannique spécialisé dans le cinéma. Le sortilège n’est pas que visuel : “Le film est enveloppé du son du va-et-vient des vagues, du vrombissement des motos et de la voix grave et charmeuse des prédicateurs