Derrière les pelouses luxuriantes et les magnifiques jardins situés sur les pentes du pic du Diable (Devil’s Peak) [de la ville sud-africaine du Cap], les grandes serres de Kirstenbosch croulent sous les plantes saisies à des contrebandiers. Ce ne sont pas des plantes de jardin ordinaires. Beaucoup sont des espèces succulentes rares des zones arides, à croissance lente, arrachées à des environnements fragiles et destinées à un trafic international alimenté par les collectionneurs, les réseaux organisés et la demande sur Internet.

D’après des estimations sérieuses, elles ne seraient pas moins de 500 000 à Kirstenbosch, même si personne ne semble en mesure de donner un chiffre précis. Or, selon les spécialistes, cela ne représente qu’une fraction du total des plantes sauvages rares et précieuses prélevées dans la nature en Afrique du Sud pour être exportées illégalement vers les marchés étrangers.

Un horticulteur expérimenté, possédant des connaissances pointues de cette flore exceptionnelle, était régulièrement sollicité pour identifier les plantes saisies. Mais aujourd’hui, il se retrouve impliqué dans une affaire judiciaire complexe, aux côtés de deux policiers chargés de la lutte contre la cueillette illégale. [Lors de l’écriture de cet article, en juin dernier], le dossier n’