A première vue, la gare ferroviaire de Cancun, dans la péninsule du Yucatan, dans le sud-est du Mexique, n’est pas différente de toutes les gares du monde avec ses quais et ses panneaux d’affichage. Mais un détail saute aux yeux : de l’entrée du bâtiment aux quais, en passant par les guichets, tout le personnel porte l’uniforme militaire. En arrivant en gare de Tulum, à deux heures plus au sud, ce sont encore des militaires qui vendent les billets permettant d’accéder à la réputée zone archéologique. Près des pyramides mayas, un hôtel haut de gamme a aussi été construit et est géré par l’armée mexicaine, tout comme le nouvel aéroport de la ville.
A cette présence militaire, les Lara, une famille mexicaine en vacances dans la région, ne voit que des bénéfices, après avoir parcouru une large portion des 1 500 kilomètres du train Maya, la ligne ferroviaire qui traverse la péninsule du Yucatan. « Le train est impeccable et la sécurité est un plus, assure Gustavo Lara, ingénieur civil à la retraite. Surtout, c’est merveilleux de pouvoir de nouveau voyager en train. » Les habitants sont en effet heureux de retrouver les chemins de fer que le président Ernesto Zedillo (1994-2000) avait donnés en concession pour cinquante ans à des consortiums privés mexicains et américains. Ceux-ci avaient mis fin au transport de passagers, alors que le réseau était l’un des plus importants d’Amérique latine, avec 26 000 kilomètres de voies.
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