Trente-sept élèves sont portés disparus après que des djihadistes ont pris d’assaut lundi leur établissement scolaire, dans le nord-est du Nigeria, selon une liste diffusée mardi 30 juin par un responsable local et consultée par l’Agence France-Presse (AFP).
Les enlèvements contre rançon, visant en particulier des élèves, sont devenus une pratique courante dans le pays le plus peuplé d’Afrique tant de la part de groupes djihadistes que de bandes criminelles, appelées « bandits », dans le nord et le centre du pays, les régions les plus touchées par l’insécurité.
Ce dernier épisode de violences s’est produit lundi matin, quand des assaillants présumés de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué un lycée de la ville de Lassa, dans la zone administrative d’Askira Uba, tuant trois personnes, dont un soldat, selon les autorités.
L’armée a déclaré lundi que 11 élèves ont été enlevés au moment où ils passaient leurs examens de fin d’année. Dix d’entre eux ont ensuite été secourus. Une liste de portés disparus, précisant le sexe des élèves ainsi que les numéros de téléphone de leurs parents, a été transmise à des journalistes par un conseiller du gouvernement local de la zone, Ijagla Ijabila. Une source du renseignement a également envoyé à l’AFP la même liste.
Les lycéennes de Chibok
Depuis l’enlèvement de plus de 300 lycéennes à Chibok, dans l’Etat de Borno, en 2014, qui avait suscité l’indignation internationale, des centaines d’enfants ont été kidnappés lors de dizaines d’attaques. En mai, des djihadistes ont enlevé plus de 40 élèves dans le village de Mussa, dans l’Etat de Borno, qui sont toujours détenus.
Au cours du même mois, des djihadistes présumés ont kidnappé des dizaines d’écoliers dans trois établissements de l’Etat d’Oyo, une attaque rare dans le sud-ouest du Nigeria, considéré comme la région la plus sûre du pays.
Depuis des mois, le Nigeria fait face à une recrudescence des attaques de bandits et de djihadistes en particulier dans le nord, forçant le président Bola Tinubu, qui briguera un second mandat en janvier prochain, à déclarer l’état d’urgence sécuritaire en novembre.
Une vague d’enlèvements de masse l’an dernier avait ébranlé le Nigeria, dont l’enlèvement de centaines d’écoliers par les djihadistes de Boko Haram dans l’Etat du Niger (centre-nord). Les forces de sécurité sont également mises à rude épreuve par des bandes criminelles, principalement concentrées dans le nord-ouest du pays.
Une série d’enlèvements massifs dans des écoles au cours du dernier trimestre de 2025 – notamment l’enlèvement d’environ 24 écolières dans l’Etat de Kebbi en novembre et celui d’environ 300 élèves et de plusieurs enseignants dans l’Etat du Niger le même mois – a attiré à nouveau l’attention internationale sur l’insécurité dans le pays.
Une insécurité au-delà des frontières
Face à la recrudescence des attaques et des enlèvements, Abuja a resserré son partenariat avec les Etats-Unis, qui ont affirmé avoir tué plus de 200 djihadistes depuis le début de l’année, dont l’un des leaders de l’Etat islamique dans le monde, Abou Bilal Al-Minuki.
Depuis dix-sept ans, le Nigeria est confronté à cette insurrection djihadiste, dont l’épicentre est le nord-est, qui a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Elle s’est étendue ces dernières années dans les zones limitrophes au Niger, au Cameroun et au Tchad.