Le commissaire européen à l’agriculture et à l’alimentation a annoncé, mardi 30 juin, que, sur les 540 millions d’euros promis par la Commission européenne en soutien à l’agriculture pour contrer l’envolée des cours des engrais, 107 millions reviendraient aux agriculteurs français « les plus durement touchés par les conséquences de la crise au Moyen-Orient ».
« Cette enveloppe les aidera, je l’espère, à assurer les prochaines récoltes », a déclaré Christophe Hansen dans une interview à Ouest-France. « Nous avons également proposé d’autoriser les Etats membres à verser les aides de la Politique agricole commune (PAC) par anticipation afin d’apporter rapidement de la trésorerie aux exploitations », dit également le commissaire.
Le 10 juin, la Commission européenne avait proposé une enveloppe d’environ 500 millions d’euros pour soutenir les agriculteurs face à la flambée des prix des engrais, après avoir promis le 19 mai un « soutien exceptionnel » au monde agricole.
Avant le déclenchement du conflit au Moyen-Orient, 30 % des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis le 28 février, les prix ont en moyenne crû de 25 %, et davantage pour les engrais azotés, selon l’indice de suivi de la FAO publié le 18 juin. A cela s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs.
« Je suis pleinement conscient des difficultés auxquelles sont confrontés les céréaliers français face à l’envolée du prix des engrais. Ma priorité est de les soutenir pour assurer la production », déclare M. Hansen. Au-delà de l’urgence, il faut également « traiter les causes profondes de cette crise » pour « sortir de cette dépendance énergétique », ajoute-t-il.
Pour lui, cela passera « par une réduction de [la] dépendance [européenne] aux engrais importés, le développement de solutions européennes, organiques et recyclées, ainsi que par des investissements pour améliorer l’efficacité de la fertilisation ».