Les autorités vénézuéliennes se sont engagées à libérer 300 prisonniers politiques d’ici à vendredi, a annoncé, mardi 19 mai, le président de l’Assemblée nationale du Venezuela.
« Entre hier [lundi] et vendredi, 300 personnes seront remises en liberté, certaines impliquées dans des faits constituant des délits avérés, mais d’autres parce qu’elles sont mineures, âgées de plus de 70 ans ou parce qu’elles souffrent d’une pathologie », a déclaré Jorge Rodriguez lors d’une session parlementaire. Une loi d’amnistie a été adoptée après la capture de Nicolas Maduro par les Etats-Unis, mais nombre d’observateurs la jugent trop restrictive.
« Nous allons au-delà de la loi d’amnistie en mettant en œuvre un processus visant à accorder des avantages à ces personnes », a souligné le président de l’Assemblée et frère de la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro, capturé en janvier par l’armée américaine.
Parmi les personnes libérées figurent, selon lui, d’anciens fonctionnaires de la police métropolitaine liés aux événements d’avril 2002. A cette époque, le président Hugo Chavez (1999-2013), prédécesseur de Nicolas Maduro, avait été un temps renversé par des militaires.
M. Rodriguez a également mentionné les cas d’une adolescente de 16 ans et d’une septuagénaire, toutes deux relâchées dès lundi. Un groupe de 16 prisonniers politiques accusés de délits liés à l’industrie pétrolière au Venezuela ont par ailleurs été libérés mardi. « Nous ne demandons rien à personne (…) Nous voulons simplement que ce geste soit apprécié », a déclaré Jorge Rodriguez.
Près de 80 personnes libérées depuis janvier, selon une ONG
Selon l’ONG Foro Penal, près de 800 personnes sont sorties de prison depuis janvier, dont 186 grâce à la loi d’amnistie. Ces chiffres contrastent avec le rapport officiel du gouvernement intérimaire, qui recense plus de 8 000 bénéficiaires de la mesure, dont 314 détenus sortis de prison. Les autres, qui étaient en liberté conditionnelle, ont obtenu la liberté pleine et entière.
La loi d’amnistie promulguée le 19 février par la présidente par intérim, sous la pression de Washington, ne s’applique pas, entre autres, à des tentatives de coup d’Etat ou d’assassinat contre le chef de l’Etat. Le pouvoir vénézuélien a régulièrement dénoncé et fait arrêter des dizaines de personnes pour des complots réels ou imaginaires.