Cette visite d’État intervient l’année du 25e anniversaire du partenariat stratégique entre les deux pays, souligne le quotidien Kommersant, à savoir le traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération, signé en 2001 par Vladimir Poutine et Jiang Zemin. À Pékin, le président russe et Xi Jinping présideront à cette occasion le lancement d’une année croisée consacrée à l’éducation : dans l’attente de déclarations substantielles, la presse russe relaie les rendez-vous protocolaires annoncés par les officiels russes et chinois.
Dans Kommersant, le journaliste Sergueï Strokan prévient cependant : “Comparé à la précédente visite de Poutine en Chine, qui s’était déroulée fin août et début septembre l’année dernière, le programme de ce déplacement semble allégé, privilégiant le symbole politique.” Il s’agit en effet du premier voyage à l’étranger de Vladimir Poutine en 2026, souligne le journal moscovite, voyage qui suit de quelques jours celui effectué par Donald Trump.
“Dans un contexte d’apaisement des tensions dans les relations sino-américaines, la rencontre entre les dirigeants russe et chinois confirmera leur volonté de développer un partenariat pragmatique qui ne se transforme pas en une ‘amitié contre’ les États-Unis”, écrit Kommersant. Les journaux russes déclinent les tournures stéréotypées : dans le quotidien Nezavissimaïa Gazeta, le politologue Alexandre Loukine juge que “le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine renforce la stabilité mondiale” ; selon l’hebdomadaire économique Monocle, “l’une des raisons de l’étroite coopération russo-chinoise réside précisément dans la volonté fondamentale exprimée par la Chine de développer et d’approfondir les institutions multilatérales de gouvernance mondiale”.
“Une profonde confiance”
Ce magazine favorable au Kremlin tient à le préciser, le déplacement de Vladimir Poutine, convenu depuis février, n’a aucun lien avec celui de Donald Trump. Dans ses pages, le politologue Dmitri Souslov souligne qu’à l’issue de la visite du président des États-Unis, “aucune déclaration commune n’a été signée et aucun contrat spécifique n’a été accepté par les deux parties”. Rien de semblable avec la Russie de Vladimir Poutine : “Nous sommes des partenaires stratégiques, nous savons que nous n’allons pas nous jouer des mauvais tours. Nos relations sont d’une profonde confiance.”
Le quotidien Izvestia renchérit : la relation qu’entretiennent Pékin et Moscou est d’une tout autre importance. “Les leaders de deux puissances mondiales ont bien des sujets à discuter en tête-à-tête, quand bien même Poutine a visité la Chine plus de vingt fois, et bien au-delà de la capitale : il est allé à Shanghai, Tianjin, Qingdao, Harbin.”
À Harbin, la capitale de la province du Heilongjiang – “la plus russe des villes chinoises”, écrit Kommersant (sa fondation est liée à la construction du chemin de fer de l’Est chinois par la Russie à la fin du XIXe siècle) –, se tient au même moment la dixième édition de l’exposition Chine-Russie, une grande manifestation destinée à rapprocher les deux voisins, informe Tass. Selon cette agence d’État, les vêtements arborant des citations de Vladimir Poutine figureraient en tête des ventes des produits dérivés.
Gazoduc en attente
Avant sa rencontre avec “son ami de longue date”, Vladimir Poutine a adressé un message enregistré au “peuple chinois”, relayé par le tabloïd Komsomolskaïa Pravda : dans cette vidéo publiée sur le site du Kremlin, le président russe assure que les relations bilatérales ont atteint “un niveau sans précédent”.
À partir des informations communiquées par le conseiller d’État Iouri Ouchakov, Komsomolskaïa Pravda donne quelques informations sur ce séjour pékinois : Poutine sera accompagné d’une large délégation composée, entre autres, de plusieurs vice-Premiers ministres. Son programme débutera officiellement mercredi matin par une rencontre avec Xi Jinping sur la place Tian’anmen. “Au total, une quarantaine de documents devraient être signés. Parmi eux figurent une déclaration commune sur le renforcement du partenariat global et stratégique et une déclaration commune sur l’instauration d’un monde multipolaire et d’un nouveau type de relations internationales.”
Le cas du gazoduc Force de Sibérie 2, projet d’envergure ayant vocation à relier la Russie et la Chine par la Mongolie, est évoquée par la presse de façon évasive. Moscou y voit un débouché pour ses hydrocarbures délaissés par les Européens. La presse en exil apporte à ce sujet un autre éclairage en s’appuyant sur des informations publiées dans les grands médias internationaux : The Moscow Times, citant l’agence Bloomberg, écrit que Pékin se montre réticent à avancer sur ce projet et “exige [de Moscou] que le prix du gaz soit divisé par cinq”.
De son côté, le média Agentstvo, qui cite aussi Bloomberg, nuance les déclarations officielles en soulignant une baisse de près de 7 % des échanges commerciaux russo-chinois entre 2024 et 2025.
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