Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
Épisode 1/4
Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
L’épisode 3 sera disponible prochainement.
Épisode 1/4
Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence
L’épisode 3 sera disponible prochainement.
Avec la Libye et la Tunisie, une collaboration italienne et européenne sans état d’âme pour bloquer le flux des migrants
Par Allan Kaval (Lampedusa, envoyé spécial)Reportage« Migrants en Méditerranée, la mécanique du silence » (2/4). Le gouvernement Meloni, soutenu par l’Union européenne, finance, équipe et entraîne les gardes-côtes libyens et tunisiens, malgré les exactions commises par ces derniers, afin qu’ils interceptent les exilés en route pour le Vieux Continent.
L’avion a abandonné derrière lui le cadavre d’un homme. Lucrezia Frabetti, 31 ans, infirmière et volontaire de l’organisation non gouvernementale SOS Méditerranée, a noté sur sa tablette les coordonnées du lieu où il a été repéré. La communication de la position aux navires de sauvetage en mer des autres ONG se trouvant dans la zone n’y fera rien. Le corps restera un point oublié sur une carte. Aucun des équipages n’est en mesure de dévier de sa trajectoire. La guerre américano-israélienne et le blocage en conséquence du détroit d’Ormuz ont rendu le carburant trop coûteux pour ce genre de détour.
Surtout au large de l’Afrique du Nord, pour secourir des embarcations en détresse empruntées par des exilés tentant de rejoindre l’Europe, le temps joue contre les sauveteurs. Ils espèrent arriver avant les gardes-côtes libyens, responsables d’innombrables exactions, documentées en détail depuis les années 2010. Alors, à bord du bimoteur Albatross, il faut oublier pour un moment le corps de cet exilé fauché au milieu du voyage, qui flottait sous le soleil d’un grand jour bleu.
Le pilote volontaire suisse Fabio Zgraggen, 40 ans, met le cap vers les côtes libyennes, qui apparaissent en une bande ocre indistincte à l’horizon. Mais bientôt, à la jumelle, Lucrezia Frabetti aperçoit quelque chose. L’Albatross se rapproche. « C’est un canot gonflable… 80 personnes. » Des dizaines d’hommes se tiennent à cheval sur les bords du canot surchargé, et leurs visages se tournent vers l’avion dans un étrange face-à-face sans communication. Mais voilà qu’une vedette arrive à toute allure, de la Libye.
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