Au Tchad, l’état d’urgence a été décrété le 7 mai pour une durée de vingt jours dans la province du Lac, où deux attaques, les 4 et 6 mai, ont fait au moins 26 morts dans les rangs de l’armée. Elles ont été attribuées au Jamaat Ahl Al-Sunnah Lil Dawa Wal Jihad (JAS), l’une des deux factions de Boko Haram qui sévit sur un territoire à cheval entre le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun.
Vincent Foucher est chargé de recherches au CNRS, affilié au laboratoire Les Afriques dans le monde de Sciences Po Bordeaux. Il travaille depuis des années sur les mouvements djihadistes dans le bassin du lac Tchad et analyse, dans un entretien au Monde, l’ampleur de l’implantation de ces groupes dans la région.
Début mai, les attaques de JAS ont causé la mort d’au moins 26 militaires tchadiens. Que dit cet épisode de l’état de la menace que fait peser ce groupe au Tchad ?
Cela confirme que JAS est bien installé dans les îles et marécages du lac Tchad, le long de la frontière entre le Tchad et le Niger, et qu’il est capable de viser des positions militaires significatives. Ce n’est pas une surprise : le groupe avait mené quelques attaques plus meurtrières encore par le passé contre des bases militaires tchadiennes sur les rives du lac, à Barkaram en 2024 [causant la mort d’une quarantaine de soldats] et à Bohoma en 2020 [où une centaine de soldats avaient été tués en une journée].
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