Océans. “Boule de mort” et “requin fantôme” : 1 121 espèces marines inconnues recensées
Dans l’obscurité profonde des abysses vit “un minuscule ver polychète, niché dans les alvéoles cristallines d’une éponge”, décrit le bimestriel britannique Oceanographic Magazine.
Il y a aussi une plume de mer, “un mystérieux ‘requin fantôme’ et une éponge carnivore, véritable ‘boule de mort’”, complète le site de la chaîne américaine CNN.
Et ce ne sont là que quatre des 1 121 espèces “jusque-là inconnues” recensées par l’Ocean Census, un projet qui rassemble plus d’un millier de chercheurs de 85 pays pour cartographier la vie sous-marine.
“Malgré des avancées,près de 90 %des espèces marinesne sont pas encoreformellement recenséespar la science.”
Le bimestriel britannique consacré à la vie marine Oceanographic Magazine
C’est à plus de 800 mètres sous le niveau de la mer que les chercheurs ont rencontré une chimère.
“Appelées ‘requins fantômes’ ou ‘chimères trolls’, ces créatures comptent parmi les habitants les plus mystérieux des profondeurs”, explique Oceanographic Magazine. Proches parents des requins et des raies, elles ont formé une lignée distincte il y a près de quatre cents millions d’années.
“Aujourd’hui,un tiersdes requins,des raieset des chimèressont menacésd’extinction.”
Le bimestriel britannique consacréà la vie marine Oceanographic Magazine
Un peu plus haut, à 791 mètres de la surface, “un ver polychète a élu domicile dans un véritable ‘château de verre’, au cœur des sinuosités d’une éponge de verre au squelette tout en silice translucide.”
Long de 2,5 centimètres, son corps est orné de rayures orange vif, symboles de ses puissantes défenses physiques.
“Et puis, il y a des animaux qui ne ressemblent vraiment à rien de connu, décrit Vox. Comme cette étonnante éponge de mer découverte dans l’Atlantique sud, non loin de l’Antarctique.”
“Appartenant à la famille dite des éponges balle de ping-pong (on comprend vite pourquoi), cet organisme carnivore se sert de ses boules couvertes de petits crochets comme du Velcro pour piéger des proies à la dérive, notamment des petits crustacés”, poursuit le site américain.
“À l’heure où tantd’espèces sont menacéesde disparition avant mêmed’avoir pu être répertoriées,la course contre la montreest lancée pour comprendreet protéger la vie marine.”
Michelle Taylor, responsable scientifique d’Ocean Census, citée par CNN
Alors que la vie sous-marine est déjà menacée, entre autres, par le dérèglement climatique et la pollution liée à l’industrie et à l’agriculture, “une nouvelle menace se profile à l’heure où l’exploitation des ressources minières sous-marines semble une réalité de plus en plus probable”, renchérit CNN.
Aussi, ces expéditions sont d’autant plus cruciales qu’“en l’absence de dénomination formelle, l’espèce n’existe pas aux yeux de la science, et encore moins pour les politiques. Or une espèce qui n’est pas nommée ne peut pas être protégée”, souligne Tammy Horton, chercheuse au Centre national d’océanographie du Royaume-Uni, citée par CNN.
“Il faudra du tempspour établir sitoutes ces espècessont complètementnouvelles d’un pointde vue scientifique.”
Le site de la chaîne américaine CNN
Oliver Steeds, le directeur d’Ocean Census, rappelle qu’“on dépense des milliards à rechercher des traces de vie sur Mars ou pour explorer la face cachée de la Lune”.
Or, “il coûte infiniment moins cher de découvrir la majorité des espèces qui peuplent notre planète et nos océans, assure-t-il à CNN. La question n’est donc pas de savoir si nous avons les moyens de le faire. Il faut plutôt se demander si nous pouvons nous permettre de ne pas le faire.”—
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