L’Organisation des nations unies (ONU) a réclamé, vendredi 17 juillet, l’ouverture d’enquêtes « impartiales » sur des dizaines de décès signalés au Cachemire pakistanais, dans un contexte d’affrontements à l’approche des élections régionales.
Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, « appelle au calme au Cachemire administré par le Pakistan », a affirmé son porte-parole, Jeremy Laurence, devant la presse à Genève, ajoutant que M. Türk demandait « des enquêtes rapides, approfondies et impartiales sur tous les décès liés aux troubles, tant chez les manifestants que parmi les forces de l’ordre ».
Des dizaines de personnes, principalement des manifestants, selon M. Laurence, auraient été tuées depuis le mois de juin, à l’approche d’élections législatives à l’assemblée régionale, le 27 juillet.
Les partisans du Joint Awami Action Committee (JAAC), un mouvement antigouvernemental réclamant des réformes économiques et de gouvernance, poursuivent leurs manifestations, malgré l’interdiction le mois dernier du groupe en vertu des lois antiterroristes, officiellement pour atteinte à l’ordre public et à la sécurité.
« Criminalisation d’une organisation de la société civile »
Plusieurs jours d’affrontements violents entre la police et des manifestants menés par le JAAC avaient également secoué la région himalayenne en septembre dernier, faisant neuf morts confirmés.
La région du Cachemire, à majorité musulmane, est considérée comme hautement sensible tant par le Pakistan que par l’Inde, qui s’en disputent la souveraineté depuis leur indépendance du Royaume-Uni en 1947.
Le bureau des droits de l’homme a dénoncé les arrestations récentes de certains dirigeants du JAAC, avertissant que « la criminalisation d’une organisation de la société civile et les fortes restrictions sur les rassemblements suscitent de sérieuses inquiétudes quant aux atteintes au droit à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association ».
Restrictions d’internet
Il a demandé que les dirigeants du JAAC détenus aient accès à une assistance juridique et à leurs familles : « Leurs droits à une procédure régulière et à un procès équitable doivent être pleinement garantis. »
M. Laurence a également souligné les préoccupations liées aux restrictions d’accès à Internet dans la région, mettant en garde contre le fait qu’elles « restreignent de manière disproportionnée la jouissance du droit à la liberté d’expression, y compris la liberté de rechercher, de recevoir et de transmettre des informations à un moment où les tensions sont très vives ».
« Nous exhortons les autorités à garantir un accès complet à Internet dans l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé. M. Türk, a-t-il ajouté, appelle à « un dialogue politique significatif et inclusif pour s’attaquer aux causes profondes et aux griefs de la population locale ».