Lorsqu’on songe à une hyène tachetée, difficile de ne pas lui associer un rire sardonique et caractère vil. Mais cette représentation populaire, notamment véhiculée par Le Roi lion, de Disney, mérite d’être nuancée.
Une étude menée par le département d’éthologie de l’université de Pise (Italie), l’Institut Leibniz de recherche sur les zoos et la faune sauvage (IZW) de Berlin (Allemagne) et la réserve de Siyafunda Wildlife & Conservation (Afrique du Sud), suggère en effet que “les hyènes tachetées ne sont pas seulement des créatures sociales, elles sont aussi maîtresses dans l’art de la désescalade”, annonce l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.
Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont observé le comportement de hyènes tachetées (Crocuta crocuta) dans leur milieu naturel, en Tanzanie et en Afrique du Sud. “Au total, 238 sessions de jeu, impliquant 139 individus de deux groupes différents (l’un du cratère du Ngorongoro, en Tanzanie, l’autre de la réserve de Makalali, en Afrique du Sud) ont été passées au crible”, précisent les chercheurs.
Des signaux pour montrer ses “intentions pacifiques”
Ce faisant, les scientifiques ont constaté que “pour signifier [à leurs pairs] qu’elles veulent jouer”, les hyènes ont recours à un système de communication complexe, qui “mélange des signaux physiques et sonores”. Comme de nombreux autres mammifères, lorsqu’elles entrent en contact visuel avec un autre animal, les hyènes ouvrent leur gueule “de façon détendue” (Relaxed Open Mouth, ROM), afin “d’exprimer leurs intentions pacifiques”, indique l’Institut Leibniz sur son site. Mais pas seulement.
Dans un environnement social plus complexe, “où plusieurs hyènes jouent entre elles, sans être certaines que tous les participants peuvent distinguer leur gueule ouverte et relâchée, elles émettent un signal supplémentaire, prenant la forme d’un rire spécifique, permettant à tout le groupe de comprendre qu’elles jouent”, précise Oliver Höner, chercheur en écologie évolutive et coauteur de l’étude.
Au total, les scientifiques ont recensé “13 types de vocalisation” chez les hyènes, “de discrète à progressive”, dont “cinq n’avaient jamais été décrites auparavant”, précise l’Institut Leibniz. Un “riche répertoire” sonore qui, à la différence du ROM, ne semble pas “rigide” mais flexible et s’adaptant au contexte.
“Certaines vocalisations compensent peut-être une visibilité réduite”, écrivent les chercheurs. Ces observations illustrent les “aptitudes cognitives et sociales très développées” des hyènes, loin de l’image stéréotypée portée par le dessin animé de Disney.
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