Fort des bénéfices record engrangés grâce à ses médicaments contre l’obésité et le diabète, le géant pharmaceutique américain Eli Lilly multiplie les acquisitions. Dernière opération en date, annoncée le 16 juillet : le rachat de la start-up new-yorkaise AtaiBeckley, spécialiste du traitement des troubles mentaux. “Avec ce rachat, le laboratoire américain mise sur les psychédéliques thérapeutiques pour se positionner sur le marché très convoité de la dépression sévère”, explique le Financial Times.
Le produit phare d’AtaiBeckley, non encore homologué par la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, est le BPL-003, un spray à base de diméthyltryptamine (DMT), un puissant psychotrope. Les premiers résultats de l’essai de phase 3 sont attendus en 2029. La start-up développe également d’autres psychédéliques thérapeutiques, dont un dérivé de la MDMA, plus connue sous le nom d’ecstasy.
Pour acquérir AtaiBeckley, une société fondée en 2025 par l’Allemand Christian Angermayer et soutenue par l’investisseur milliardaire Peter Thiel, Eli Lilly met sur la table, dans un premier temps, 2,8 milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) et promet d’ajouter 1 milliard de dollars si les phases clés du développement et de l’homologation du BPL-003 sont franchies avec succès.
Un marché de 7 milliards de dollars
Bien avant de lancer les médicaments pour la perte de poids qui ont propulsé sa capitalisation boursière à près de 1 100 milliards de dollars (plus de 960 milliards d’euros), Eli Lilly a commercialisé des traitements contre la dépression, comme le Prozac ou le Cymbalta, rappelle le Financial Times.
Le rachat d’AtaiBeckley met en évidence l’intérêt croissant des grands laboratoires pharmaceutiques pour “un domaine autrefois marginal, celui de la médecine psychédélique”. Et le quotidien britannique rappelle que Donald Trump a signé en avril un décret qui lui a été inspiré par l’influent podcasteur conservateur Joe Rogan et le ministre de la Santé, Robert F. Kennedy Jr., destiné à encourager la recherche sur les thérapies à base d’hallucinogènes. La FDA est désormais tenue d’accélérer les tests sur ces substances afin d’en faciliter l’accès aux patients, notamment aux anciens combattants souffrant de stress post-traumatique.
Le marché des traitements psychédéliques pourrait représenter 7 milliards de dollars d’ici à 2032, estiment les analystes. Les actions d’AtaiBeckley, qui avaient déjà grimpé en flèche à la suite du décret de Donald Trump, ont bondi de 32 % dès l’annonce de l’accord passé avec Eli Lilly.
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