La priorité est « le retour et le rapatriement du plus grand nombre de personnes, majeures et mineures, en tenant compte du fait qu’il faut le faire dans le respect de l’ordre juridique et des droits humains », a affirmé mardi 25 août en conférence de presse le ministre de la politique territoriale espagnol, Angel Victor Torres.
Plus de 70 000 migrants ont fait irruption les 30 et 31 juillet dans ce petit territoire espagnol comptant 84 000 habitants, franchissant illégalement la frontière.
Beaucoup sont retournés au Maroc dans les heures suivantes, mais le gouvernement espagnol, du socialiste Pedro Sanchez, estime que 5 % à 10 % d’entre eux, soit 3 500 à 7 000 migrants, dont des milliers de mineurs non accompagnés soumis à une protection particulière, sont toujours aujourd’hui à Ceuta.
Le protocole de rapatriement, un processus très lent
Les autorités espagnoles doivent identifier chaque personne afin de déterminer si elle a droit à l’asile ou, dans le cas contraire, engager le protocole de rapatriement, un processus très lent dénoncé par les autorités locales, dirigées par le Parti populaire (droite conservatrice).
Pour l’accélérer, le conseil des ministres a approuvé la mise en œuvre d’un « commandement unique » pour Ceuta, qui doit permettre que « les capacités de l’Etat et celles de toutes les administrations travaillent de manière coordonnée et efficace », a précisé la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz Delgado. Parallèlement à l’accélération de la gestion des dossiers, le gouvernement « continuer[a] à travailler sur la réponse humanitaire et l’accueil qui doivent être assurés à ceux qui demandent l’asile ou à ceux qui sont des mineurs non accompagnés » et ne peuvent être renvoyés, a souligné Angel Victor Torres.
Création de centres d’accueil
Le gouvernement avait déjà annoncé la semaine dernière la création de centres d’accueil comptant 1 800 places, mais « un nouvel accueil humanitaire (…) se fera afin de retrouver la normalité à Ceuta », a déclaré Elma Saiz Delgado.
Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla constituent les seules frontières terrestres européennes avec l’Afrique. Elles bénéficient d’un système dérogatoire au sein de l’espace Schengen européen, qui empêche les personnes se trouvant sur leur territoire de se rendre dans la péninsule sans contrôle frontalier.
La gestion de cette crise migratoire et humanitaire est au cœur de virulents débats entre le gouvernement, de gauche, et les oppositions de droite et d’extrême droite, qui exigent le renvoi de tous, y compris des mineurs. Il existe un « ordre et des lois internationales », a rappelé mardi Angel Victor Torres, en assurant que ceux qui militent pour le renvoi « par populisme ou pour grappiller quelques voix se trompent ».