- International International International
- Diplomatie Diplomatie Diplomatie
Cheikha Al-Mayassa Al Thani, l’éminence artistique du Qatar, au service de la diplomatie
Par Roxana Azimi (Doha, Venise [Italie], envoyée spéciale) et Raphaëlle BacquéPortraitFigure centrale de la politique culturelle du pays, la sœur de l’émir a su miser sur l’achat d’œuvres prestigieuses, l’accueil de foires et la création de musées, afin de nouer des relations diplomatiques précieuses pour ce petit Etat dont la vulnérabilité est perceptible depuis l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.
Comme si de rien n’était. Comme si n’existait pas, à quelques milliers de kilomètres de la lagune de Venise, la menace d’une reprise des bombardements dans le golfe Arabo-Persique, la fine fleur du monde de l’art s’est donné rendez-vous ce mercredi 6 mai dans les luxuriants giardini de la Biennale de Venise pour l’inauguration du pavillon du Qatar. L’ouverture de cette structure repeinte aux couleurs de la compagnie aérienne Qatar Airways, en attendant le temple promis pour une date encore indéterminée par l’architecte libanaise Lina Ghotmeh, est un petit événement. Mieux, une première : l’émirat est le premier pays arabe à s’offrir un pavillon permanent, rejoignant le club très sélect de cette manifestation qui est pour l’art ce que le Festival de Cannes est pour le cinéma.
Tête nue, la puissante cheikha Al-Mayassa Bint Hamad Ben Khalifa Al Thani, sœur cadette de l’émir, distribue sourires et amabilités de rigueur, avant de filer vers une réception fastueuse qu’elle donne dans la roseraie du palais Malipiero. Un joyau loué pour l’occasion au financier américain Nicolas Berggruen. En fin de soirée, la princesse s’éclipsera pour rejoindre, en invitée d’honneur, le dîner ultra-VIP de François Pinault sur l’île de San Giorgio Maggiore.
En inaugurant le pavillon qatari, la cheikha déclare, dans un anglais parfait : « Nous sommes réunis ici en ces temps difficiles. Dans notre région et au-delà, les mots “déplacement”, “destruction” et “déstabilisation” sont devenus monnaie courante. » Avant d’embrayer, lyrique : « La culture unit ce que les conflits tentent de détruire. Elle honore l’humanité qui est en chacun de nous. »
Il vous reste 92.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !