“En début d’après-midi, la température dépasse 47 °C. Je sors dans les rues d’Ouyen, littéralement transformé en étuve. À l’ombre, c’est encore supportable. Mais au soleil, la chaleur est une torture. En quelques minutes, j’ai la bouche complètement sèche et la tête en surchauffe. Sur la route, le sol me brûle les pieds à travers mes chaussures de randonnée, à tel point que je dois me mettre à sautiller d’un pied sur l’autre pour me mettre à l’ombre. Ma température corporelle est en train de grimper dangereusement et il me faut de toute urgence rejoindre un endroit climatisé.”

L’article de The Age qui ouvre ce hors-série n’est pas une nouvelle de science-fiction. Benjamin Preiss s’est simplement rendu dans le sud-est de l’Australie, le jour le plus chaud enregistré dans l’été austral. Canicules records, inondations, tempêtes, montée des eaux… Partout dans le monde, les effets concrets du dérèglement climatique se font sentir au quotidien. La riposte est connue : il faut baisser drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour contenir le réchauffement.

Au sommaire de notre hors-série “Climat, vivre autrement”

1. Repenser son quotidien

Vivre à 48 ° (The Age)

Toute la fraîcheur de la terre crue (Reasons to Be Cheerful)

Ces revêtements qui font descendre la température (MIT Technology Review)

Tempête dans nos assiettes (infographie)

Tu aideras ton voisin comme toi-même (The Observer)

Dompter l’écoanxiété (revue de presse)

2. Faire équipe

Quand l’hirondelle ne fait plus le printemps (Nautilus)

Sous les panneaux solaires, on compte les moutons (Green & Blue)

Cultivons sous la pluie (Sixth Tone)

Dans les îles du Pacifique, une lutte de chaque jour (New Scientist)

Coup de chaud sur les jeunes footballeurs (Dialogue Earth)

3. Transformer la ville

Constance en état d’urgence (Der Spiegel)

La “forêt de crues” de Pampelune (El País Semanal)

C40 : quand les villes s’engagent (carte commentée)

Kigali restaure les zones humides (Yale Environment 360)

2026, année de l’adaptation à Singapour (revue de presse)

Comment éviter que Paris (et les autres) ne surchauffe (Financial Times)

Miquelon doit déménager (The Guardian)

4. Inventer demain

Ce que peut l’architecture africaine ancestrale (The Economist)

Qui veut contrôler la pluie ? (Asahi Shimbun)

Vive le stockage ! (Le Devoir)

Justice : le vent est en train de tourner (MIT Technology Review)

Il faudra bien combler la dette climatique (revue de presse)

Les mondes radieux du solarpunk (Mother Jones)

+ Un portfolio de Thomas Freteur : Les hussards verts de Kinshasa

+ Un portfolio de Matilde Gattoni : Singapour, où les arbres enlacent les immeubles

+ À voir, à lire et à jouer

Comment faire pour vivre dans ce monde bouleversé ? Comment réagir quand on sait que son île dans le Pacifique sera inexorablement engloutie dans les années à venir ? Comment lutter en Chine contre les pluies qui dévastent les cultures ? Ou jouer au foot en Amérique du Sud sous des températures caniculaires ?

L’heure est aujourd’hui à l’adaptation : il faut vivre avec ce dérèglement. C’est tout le propos de ce hors-série qui, de continent en continent, met en avant actions concrètes et expérimentations : restauration des zones humides au Rwanda, murs en terre crue en Inde pour gagner en fraîcheur ou lutte contre les îlots de chaleur urbains en Europe.

Seul ou en groupe, à l’échelle de sa ville ou de sa région, il est possible (et souhaitable) d’agir dès maintenant sans tout attendre des grands bouleversements politiques – nécessaires. Les solutions s’inventent à Singapour, où les arbres enlacent les immeubles, dans les pâturages italiens constellés de panneaux solaires, dans la “forêt de crues” de Pampelune, mais aussi avec le retour de techniques ancestrales de construction ou les tentatives d’ensemencement des nuages au Japon.

Tout n’est pas perdu : l’apocalypse n’est pas forcément pour demain. C’est ce que prône le solarpunk, un genre de SF qui tourne le dos aux récits catastrophistes pour décrire des utopies vertes et optimistes. Dans Mother Jones, Clive Thompson est séduit : “Les romans comme The Lost Cause de Cory Doctorow défendent l’idée que les gens ne pourront survivre et prospérer face aux bouleversements climatiques que s’ils sont solidaires et s’en remettent à des technologies durables.” Voilà qui ressemble à un futur un tant soit peu désirable. Bonne lecture !

Ce hors-série est en vente chez votre marchand de journaux ou sur notre boutique.