[Cet article est à retrouver dans notre hors-série Climat : vivre autrement, en vente à partir du 20 mai chez votre marchand de journaux et sur notre site.]

“Je suis éleveur et, il y a encore un an, le photovoltaïque, j’étais contre. Aujourd’hui, ce que je dis, c’est que s’il y a un parc solaire, n’importe où en Italie, qui est en mesure d’accueillir un troupeau, je suis prêt à y amener mes brebis.” La conversion au solaire d’Antonino Cerrone, “berger” depuis trois générations, est emblématique d’une tendance qui, si prometteuse soit-elle, peine encore à décoller en Italie : faire cohabiter de manière rentable la production d’énergie propre et l’élevage (ou l’agriculture) de qualité.

Antonino gère avec son frère Vitantonio l’exploitation La Bersagliera, au sud de Naples, entre Eboli et Battipaglia : 200 chèvres de race cilentana, 1 200 brebis et 150 vaches de race podolica, toutes nourries au pré. Depuis maintenant une dizaine d’années, les frères Cerrone ont ajouté à l’élevage la transformation de leur lait et de leur viande, des produits qui sont aujourd’hui commercialisés dans la filière Slow Food. Leur qualité est garantie par la gestion en parcours libre des animaux. “On a 40 hectares de pâturages à nous, mais, entre les herbages d’hiver et d’été, on gère un millier d’hecta