Après le cessez-le-feu – extrêmement précaire – instauré dans la bande de Gaza en octobre 2025, les milices hostiles au Hamas armées et soutenues par Israël qui ont vu le jour dans l’enclave palestinienne, n’ont pas disparu. Bien au contraire, révèle une enquête du quotidien israélien Ha’Aretz.
Le soutien israélien s’est accru et la collaboration avec ces groupes s’est renforcée sur le terrain avec l’armée israélienne et le Shin Bet – le service du renseignement intérieur de l’État hébreu.
Leurs “liens étroits” sont l’illustration de la “synergie fondée sur des intérêts communs” qui existe entre eux. Au point que “les milices armées palestiniennes sont devenues un bras opérationnel de Tsahal et du Shin Bet à Gaza”.
Reste à savoir quelles conséquences cela pourrait avoir sur la mise en œuvre du plan de paix de Donald Trump pour Gaza, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait de l’armée israélienne de l’enclave.
Cinq groupes dans une zone “sous l’autorité de Tsahal”
Il existe désormais cinq groupes armés importants à Gaza, indique l’enquête de Ha’Aretz.
Installés à proximité de la “ligne jaune”, qui sépare les zones contrôlées respectivement par Israël et le Hamas, ces groupes, qui comptent “des centaines de membres”, “opèrent dans une zone définie, sous l’autorité de Tsahal”.
Parmi elles, on retrouve les Forces populaires, créées par Yasser Abou Chabab (un chef de gang qui détournait l’aide humanitaire, tué en décembre 2025), basées dans le secteur de Rafah, ainsi que la Force de frappe antiterroriste, dirigée par Hossam Al-Astal, basée dans le secteur de Khan Younès. Trois autres groupes sont installés dans les secteurs de Beit Hanoun et de Shujaiya, dans le nord de la bande de Gaza, et de Deir El-Balah, dans le centre de l’enclave.
Ces milices ont monté de véritables “camps militaires” fortifiés, situés “à quelques centaines de mètres seulement” d’avant-postes de l’armée israélienne. Dans le camp de la milice des Forces populaires, on trouve même “une aire de jeux avec du gazon synthétique, une mosquée, une épicerie bien approvisionnée et un magasin de vêtements”.
“Des défilés et des menaces pour défier le Hamas”
Sur les réseaux sociaux, ces milices “mettent en scène des convois d’hommes armés, des exercices de combat, des démonstrations de force, des marches, des défilés et des menaces – le tout destiné à défier le Hamas”.
Les affrontements entre ces milices et le Hamas n’ont pas cessé ces derniers mois, au prix de heurts parfois violents. Mais ces groupes, dont certains participent à des opérations avec l’armée israélienne, ne s’en prennent pas qu’aux combattants du Hamas. D’après différents témoignages, certains d’entre elles se livrent à des pillages et des incendies d’habitation.
Une dynamique qui pourrait engendrer “des atrocités rappelant le massacre de Sabra et Chatila” [en 1982, au Liban, des milices chrétiennes pro-israéliennes massacrèrent des centaines de Palestiniens], craignent des soldats israéliens cités par Ha’Aretz.
Ces milices représentent aussi un obstacle au plan de paix Trump. En effet, Israël exige le désarmement du Hamas, mais ce dernier “considère ces milices comme une menace et exige leur dissolution avant d’entamer son propre processus de désarmement”.
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