Donald Trump est-il en train de perdre la guerre contre l’Iran ? Dans la presse américaine, la question se pose à demi-mot alors que l’opération israélo-américaine Epic Fury, lancée le 28 février 2026 contre Téhéran, ne semble pas parvenir à ses objectifs. Car malgré plus de quarante jours de bombardements intensifs sur l’Iran, qui ont notamment tué de nombreux dirigeants iraniens et détruit une grande partie de son armée, les États-Unis et Israël ne sont toujours pas parvenus “à faire tomber le régime ni à lui arracher la moindre concession”, observe le célèbre politologue Robert Kagan, pourtant favorable aux interventions américaines à l’étranger, dans The Atlantic.

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Problème : le temps presse pour Donald Trump, puisque chaque jour qui passe affaiblit un peu plus l’armée américaine. The New York Times rapporte en effet que “la guerre en Iran a considérablement réduit les stocks mondiaux de munitions de l’armée américaine et contraint le Pentagone à acheminer en urgence des bombes, des missiles et d’autres équipements vers le Moyen-Orient à partir de ses bases en Asie et en Europe”. Résultat, ces dernières sont désormais vulnérables et “moins aptes à affronter des adversaires potentiels comme la Russie et la Chine”, s’inquiète le quotidien américain.

“Manque de préparation”

La guerre en Iran a également mis en lumière le coût excessif des missiles américains. Alors que l’Iran dispose d’un arsenal militaire à la fois efficace, peu coûteux et produit en masse, les missiles américains utilisés peuvent valoir chacun plusieurs millions de dollars. Ainsi “l’économie américaine ne dispose pas de la capacité industrielle nécessaire pour produire suffisamment d’armes et d’équipements dont elle a réellement besoin”, rapportait fin avril le New York Times dans un éditorial.

Au-delà de la question des munitions, une enquête du Washington Post publiée le 6 mai révèle également que, depuis le début du conflit, “les frappes aériennes iraniennes ont touché bien plus d’installations militaires américaines que ce qui avait été rapporté jusqu’à présent”. Selon le média américain, Téhéran aurait “endommagé ou détruit au moins 228 structures ou équipements sur des sites militaires américains au Moyen-Orient”.

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Des experts militaires interrogés par le Washington Post estiment que les dégâts constatés témoignent avant tout d’un manque de préparation de l’armée américaine, qui aurait “sous-estimé les capacités iraniennes de ciblage [et] ne se serait pas suffisamment adaptée aux affrontements modernes reposant sur des drones”. Pour rappel, déjà 7 militaires américains sont morts lors de frappes iraniennes contre des installations américaines dans la région depuis le début du conflit.