C’est à croire que le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) “aime les défaites”, se moque le site conservateur madrilène El Independiente. Après sa déroute aux élections régionales du 17 mai en Andalousie, où la formation est tombée à son plus bas en nombre de sièges au Parlement local (28 sur 109), le PSOE “a décidé de ‘resserrer les rangs’ et de ‘tourner la page’”, relate le média. “Il n’y a donc pas lieu de paniquer.”
Pourquoi tant d’ironie ? Il s’avère que ce scrutin andalou a refermé un cycle électoral ouvert il y a quelques mois en Espagne et qui s’est avéré défavorable pour le parti du Premier ministre, Pedro Sánchez. Bien que les régions autonomes qui ont récemment voté − l’Estrémadure, en décembre ; l’Aragón, en février ; la Castille-et-León, en mars ; et l’Andalousie, donc − étaient déjà dirigées par la droite, “les résultats ont confirmé une droitisation très nette” d’une partie du pays, “y compris dans les deux bastions historiques de la gauche que sont l’Andalousie et l’Estrémadure”, constate El País, journal de centre gauche.
“Une bonne et une mauvaise nouvelle” à droite
En 2027, année durant laquelle sont prévues les prochaines élections législatives générales, Sánchez espère malgré tout reproduire le même phénomène qu’en 2023, indique El Independiente : d’abord, “une bonne baffe” pour son parti aux municipales et régionales du printemps. Puis, “deux mois plus tard… le miracle” et son maintien en poste à l’issue du scrutin national. Mais cette fois-ci, prévient El País, “il part de beaucoup, beaucoup plus loin”.
Sur le flanc droit du paysage politique espagnol, le cycle électoral qui s’est conclu en Andalousie a apporté “une bonne et une mauvaise nouvelle” au Parti populaire (PP), analyse le titre conservateur ABC. La bonne, c’est que le grand parti de droite traditionnelle tire profit de l’essoufflement politique de Sánchez en Espagne. La mauvaise, c’est qu’il n’a pas obtenu la majorité absolue à chacune de ces élections régionales. Par conséquent, le PP ne peut pas gouverner sans nouer d’alliance avec Vox (extrême droite).
À Barcelone, le journal de centre gauche El Periódico de Catalunya conseille ainsi au chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, d’imposer “son propre discours” sur la scène politique nationale, plutôt que d’essayer de suivre “le rythme et la radicalité” dictés par Vox, s’il souhaite devenir Premier ministre en 2027 sans trop dépendre de l’extrême droite.
De son côté, le PSOE doit également régler sa partition, estime le quotidien. Jusqu’ici, les socialistes ont pris l’habitude de faire campagne sur “la peur” que pourrait générer une alliance des droites au pouvoir, constate La Razón. Or, le média conservateur considère que cette stratégie “ne suffit plus pour gagner”.
“Mao” Sánchez
La permanence de Sánchez à La Moncloa (résidence officielle du Premier ministre espagnol) “dépendra de la croissance des partis à sa gauche et des alliances qui en découlent”, soutient El Periódico. Aussi, dans les mois qui viennent, le PSOE doit trouver le moyen “de modérer son discours” et “de laisser les positions radicales aux partis situés à sa gauche, afin de leur laisser un peu d’oxygène”, juge la chroniqueuse du journal catalan, Pilar Rahola. Selon elle, la gauche dans son ensemble en sortira grandie.
Dans l’entourage de Sánchez, “on insiste sur le fait que beaucoup de choses peuvent se passer en un an […], que personne ne doit rien prendre pour acquis dans un paysage politique espagnol toujours plein de surprises”, tempère El País, grand titre proche des socialistes. “[Cela] me rappelle Mao, lorsqu’il galvanisait ses troupes pour la Longue Marche : ‘De défaite en défaite, jusqu’à la victoire finale’”, conclut El Independiente.
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