C’est en vertu de “circonstances exceptionnelles” que la Belgique a autorisé le Calantha, un insecticide qui “protège les pommes de terre du doryphore en perturbant la génétique de l’insecte”, relaie De Standaard.
Si elle est temporaire – fixée à quatre mois –, cette autorisation n’en est pas moins “une première, qui fait froncer bien des sourcils, poursuit le journal belge. Car au niveau européen, aucun pesticide ‘génétique’ n’est autorisé actuellement.” En outre, les “circonstances exceptionnelles” avancées par le ministère de la Santé et de la Sécurité de la chaîne alimentaire ne semblent pas évidentes.
“Du côté de la Fiwap, la Filière wallonne de la pomme de terre, on nous indique que le secteur n’était pas demandeur et qu’il n’y a pas d’indices d’un danger imminent d’invasion de doryphores”, rapporte Le Soir. Chez Nature et progrès, l’une des deux associations qui ont introduit un recours en annulation devant le Conseil d’État, “on souligne aussi que la maximalisation des rendements n’est pas vraiment la préoccupation majeure des cultivateurs de pommes de terre à l’heure actuelle, puisqu’ils font face à d’importants problèmes d’excédents de production”.
D’après Le Soir, la dérogation a été octroyée à la demande du fabricant américain GreenLight Biosciences.
Insecticides “intelligents”
Comme le rappelle De Standaard, le doryphore est “depuis des décennies un ennemi redouté des cultivateurs de pomme de terre.” Le problème des pesticides chimiques traditionnels, c’est qu’outre le parasite “ils affectent aussi des insectes utiles et peuvent être dangereux lorsqu’ils s’accumulent dans l’environnement”. Les pesticides génétiques ont un mode d’action différent : “ils contiennent des molécules qui, en s’accrochant à un morceau du matériel génétique de l’insecte, rendent ces gènes silencieux, explique le quotidien flamand. L’insecte n’est plus en mesure de produire certaines protéines et finit par mourir.”
Ce sont donc des insecticides “intelligents”, d’après les firmes qui les développent, puisqu’ils permettent “de cibler très précisément le ravageur et d’épargner les précieux pollinisateurs”, rapporte Le Soir. “Une promesse que mettent en doute les environnementalistes”, poursuit cependant le journal francophone, citant l’ingénieur agronome Bruno Schiffers, ancien responsable du laboratoire de phytopharmacie de la faculté Gembloux Agro-Bio Tech : “Une molécule d’ARN conçue pour cibler un insecte donné pourrait donc aussi interagir avec des gènes similaires chez d’autres espèces proches, voire chez des organismes qui ne sont pas du tout visés par le traitement.”
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