Entre l’ostentation baroque de la place des Quattro Canti et le Teatro Massimo, la rue Maqueda de Palerme déborde de touristes. Les vendeurs de jus de grenade installent des pyramides de fruits sur leurs stands entre deux attroupements et les serveurs cherchent à happer des passants en vantant leurs spritz bon marché. Quand on se balade au beau milieu du bruit et de l’agitation, le numéro 206 passe aisément inaperçu. Au-dessus de la porte au sommet arrondi se trouve une croix en pierre noircie par la saleté qui donne un indice sur l’ancienne vie du bâtiment.

Le couvent Crociferi est resté à l’abandon pendant trente ans, jusqu’à ce qu’Andrea Bartoli et Florinda Saieva, un couple influent de Sicile, s’en emparent pour en faire le dernier-né des espaces culturels à Palerme : le musée des Villes du monde. À l’intérieur, un cloître aux grandes arches encadre une cour verdoyante plantée de nombreux palmiers et bananiers. Andrea Bartoli vient à ma rencontre et me serre la main énergiquement avant de me guider jusqu’aux grandioses salles dallées de marbre à l’étage consacrées à une exposition centrée sur les transformations urbaines.

Le miracle de Favara

“Les villes changent, parce que les gens les font changer”, m’affirme Andrea Bartoli. C’est la philosophie qui gouverne leur organisat