Plus de 2 000 cas d’Ebola, dont 754 morts, ont été recensés dans cinq provinces de République démocratique du Congo (RDC), depuis le début de l’épidémie, ont annoncé, mercredi 15 juillet, les autorités sanitaires congolaises. « En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé » tandis « que le nombre de décès a plus que quintuplé », selon l’ONG Médecins sans frontières (MSF).
L’épidémie due au Bundibugyo, le variant du virus qui se propage en RDC, pourrait être au moins deux à quatre fois plus importante que ne le laissent penser les chiffres officiels, a affirmé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mardi. Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement reconnu pour le variant Bundibugyo, mais le premier essai clinique visant à évaluer l’efficacité d’un antiviral a commencé mardi, a annoncé l’OMS.
L’épidémie se propage à un rythme « sans précédent et dans de nouvelles zones », s’est alarmée MSF dans un communiqué diffusé mercredi, plaidant pour « un renforcement urgent de la réponse médicale ». « L’épidémie a déjà dépassé la moitié du nombre de cas enregistrés lors de l’épidémie d’Ebola de 2018-2020 en RDC, qui a duré près de deux ans ».
Mardi, le directeur des opérations d’urgence de l’OMS, Chikwe Ihekweazu, a déclaré que 80 % des nouveaux cas ne figuraient pas sur les listes de contacts connus et provenaient de « chaînes de transmission inconnues ».
Un essai clinique en cours
Il s’est alarmé du fait que de nombreux cas nouvellement signalés concernaient des personnes mortes avant d’avoir pu se rendre dans un établissement de santé. L’épidémie actuelle est « celle qui connaît la progression la plus rapide en un seul mois de toutes les épidémies d’Ebola que nous avons gérées », a-t-il alerté.
L’essai clinique commencé mardi, et appelé « EBO-PEP », vise à évaluer l’efficacité d’une prophylaxie post-exposition (PEP) avec l’antiviral Obeldesivir sur des patients ayant été en contact avec des cas confirmés du variant Bundibugyo. Le médicament expérimental, administré par voie orale et développé par le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences, a montré son efficacité dans des modèles précliniques contre des virus appartenant à la grande famille des filovirus, responsables de fièvres hémorragiques. Les essais cliniques sont effectués quand un médicament prometteur est testé sur l’être humain.
L’épidémie a été déclarée le 15 mai en RDC après plusieurs morts en Ituri, une province du nord-est riche en minerais où des groupes armés commettent régulièrement des massacres. Des cas d’Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, ont été détectés dans cinq provinces de la RDC ainsi qu’en Ouganda, pays voisin. Mais plus de 90 % des cas continuent d’être détectés en Ituri.