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Tunisie : Haythem El Mekki, célèbre chroniqueur et critique virulent du président Kaïs Saïed, condamné à un an de prison

Une enquête avait été ouverte contre Haythem El Mekki en vertu d’un décret-loi présidentiel contre les « fausses informations », après une publication sur l’état de la morgue de l’hôpital de la ville de Sfax.

Tunisie : Haythem El Mekki, célèbre chroniqueur et critique virulent du président Kaïs Saïed, condamné à un an de prison
HaitiCreoleRadio.com

Le célèbre chroniqueur tunisien Haythem El Mekki, critique virulent de la politique du président, Kaïs Saïed, a annoncé, mercredi 15 juillet, avoir été condamné à un an de prison pour des publications sur les réseaux sociaux.

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Connu pour ses analyses incisives, Haythem El Mekki était l’un des commentateurs politiques les plus en vue de la Tunisie post-« révolution de jasmin » de 2011. Il intervenait en semaine sur « Midi Show », émission phare de la radio Mosaïque FM, avant de se retirer de l’antenne.

Une enquête avait été ouverte contre le chroniqueur en 2024 en vertu du décret-loi présidentiel 54 contre les « fausses informations », après une publication sur l’état de la morgue de l’hôpital de la ville de Sfax (centre du pays). Après un non-lieu en première instance, il a été condamné en appel à un an de prison sur la base de l’article 86 du code des télécommunications, a précisé Haythem El Mekki sur son compte Facebook.

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Ce texte punit « d’un emprisonnement d’un an à deux ans (…) quiconque nuit sciemment aux tiers ou perturbe leur quiétude à travers les réseaux publics des télécommunications ». « Ce n’est pas grave, Tunisie. Tu as toujours été une grande prison, même si parfois tu offres une soupape », a ironisé Haythem El Mekki sur Facebook.

« Climat d’intimidation et d’autocensure »

Le Syndicat national des journalistes tunisiens a exprimé sa vive indignation, s’inquiétant dans un message sur Facebook d’une « tendance inquiétante » qui risque de « créer un climat d’intimidation et d’autocensure ».

Depuis 2023, le chroniqueur a fait l’objet de trois poursuites, toutes pour des déclarations médiatiques et des publications sur Facebook. S’il a récemment pris ses distances avec la scène médiatique, il reste actif sur les réseaux sociaux. Il est également membre du comité éditorial de Rachma, une plateforme médiatique tunisienne indépendante.

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La liberté d’expression était considérée comme le principal acquis du soulèvement de 2011, qui a fait chuter Zine El-Abidine Ben Ali. Mais depuis le coup de force en juillet 2021 du président Kaïs Saïed, par lequel il s’est octroyé tous les pouvoirs, plusieurs organisations non gouvernementales et l’opposition déplorent un recul des droits et libertés. Plusieurs figures médiatiques et politiques sont aujourd’hui en prison ou en exil.

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Le Monde avec AFP

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