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Géopolitique

En Argentine, Amnesty International alerte sur la surveillance numérique accrue sous la présidence Milei

L’organisation de défense des droits dénonce dans un rapport un « recours croissant aux technologies de surveillance » en Argentine depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei, avec selon elle un « effet dissuasif » sur les libertés, d’expression ou de rassemblement.

En Argentine, Amnesty International alerte sur la surveillance numérique accrue sous la présidence Milei
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Dans son rapport « Sensing the surveillance state » (Ressentir l’Etat de surveillance) publié mercredi 19 août, Amnesty International estime que les réformes menées depuis plus de deux ans sous le gouvernement de l’ultralibéral Javier Milei, « la population en Argentine est soumise à une surveillance généralisée, tant dans l’espace physique que numérique ».

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L’organisation de défense des droits dénonce notamment la réforme de 2024 du service de renseignement, ainsi que les acquisitions de certaines technologies. « Ces technologies font désormais partie intégrante de l’infrastructure de contrôle étatique, prenant pour cible la dissidence, dissuadant les mouvements de protestation », affirme Matt Mahmoudi, chercheur et conseiller sur l’intelligence artificielle et les droits humains à Amnesty.

« Ce à quoi on assiste en Argentine ne constitue pas un cas isolé », précise-t-il toutefois, mais une « tendance mondiale ». « Une vague mondiale d’autoritarisme numérique », résume le rapport, qui voit des Etats se livrant à des pratiques autoritaires « intensifier leur recours aux technologies de surveillance » ciblant notamment défenseurs des droits, dissidents, jeunes et migrants.

Pratiques autoritaires

Le rapport d’Amnesty s’appuie sur quelques entretiens individuels (21 personnes) dans la société civile, dont des journalistes, des militants, des retraités – qui chaque mercredi manifestent devant le Parlement argentin pour la défense de leurs pensions –, des jeunes et des défenseurs des droits.

L’organisation affirme aussi avoir analysé des dizaines de documents relatifs à des marchés publics et à l’acquisition de technologies de surveillance en 2024 et 2025, pour au moins 1,2 million de dollars, estime-t-elle. Parmi celles-ci, une licence pour la technologie de reconnaissance faciale de la société américaine Clearview AI, entreprise « connue pour exploiter massivement des données biométriques sans base juridique suffisante » dans divers contextes dans le monde, souligne Amnesty.

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Clearview a ces dernières années fait l’objet de plusieurs amendes des autorités françaises, grecques, néerlandaises, britanniques notamment, pour entorse aux réglementations sur la protection des données.

Le gouvernement argentin, souligne Amnesty, s’est aussi doté de plateformes de renseignement en source ouverte conçues pour la collecte, le recoupement et la visualisation de grands volumes de données provenant des réseaux sociaux, d’Internet, de l’Internet clandestin, des données personnelles ou autres bases de données.

Que ce soit en matière d’acquisition, de production ou d’usage de ces technologies, Matt Mahmoudi, pour Amnesty, appelle les autorités argentines à « faire la preuve de [leur] détermination à protéger les droits humains en veillant à ce que l’utilisation des systèmes de surveillance basés sur l’IA » par les acteurs publics ou privés « ne soit pas incontrôlée ».

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Le Monde avec AFP

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