Il faut toujours du temps, dit-on, pour passer de la parole aux actes. La déclaration de dix pays occidentaux − France, Royaume-Uni, Allemagne, Norvège, Belgique, Pays-Bas, Italie, Suède, Nouvelle-Zélande et Canada −, jugeant « inacceptable » la concrétisation d’un vieux projet colonial israélien, s’en approche. Le gouvernement israélien a publié, mardi 18 août, un appel d’offres pour la construction de 1 234 logements dans la zone E1 (pour Est 1), à l’est de Jérusalem et à l’ouest de Maalé Adoumim, un bloc d’une dizaine de colonies. Les projets de construction de cette zone de 12 kilomètres carrés, destinés à la population israélienne, doivent permettre à l’Etat hébreu de relier Jérusalem à ce bloc. Ils scinderaient en deux la Cisjordanie occupée. Cela « compromettra les perspectives d’une solution à deux Etats, estiment les pays signataires de la déclaration, portant atteinte à la continuité territoriale des territoires palestiniens ».
« Le droit international est clair, assurent les dix capitales, les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales. Il s’agit de la position de la communauté internationale, réaffirmée par le Conseil de sécurité des Nations unies. » La colonisation d’un territoire par l’occupant est une violation de la quatrième convention de Genève, c’est-à-dire un crime de guerre. Et deux résolutions-clés prises par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) le rappellent. Les juristes, notamment palestiniens, connaissent par cœur leur numéro : la 242, adoptée après la guerre de juin 1967, point de départ de l’occupation. Puis la résolution 2334, en 2016, à laquelle, à quelques semaines de la fin du mandat de Barack Obama, les Etats-Unis n’avaient pas mis leur veto.
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