La bataille pour l’eau a commencé en Grèce. Sur la plupart des îles, les problèmes de sécheresse s’amplifient d’année en année, et la période estivale met en exergue les problèmes d’approvisionnement.
“Le tableau qui se dessine dans les îles grecques est profondément contradictoire”, plante To Vima. “Alors qu’une multitude d’îles – Astypalée, Karpathos, Tinos, Alonissos, Symi, Corfou, Leros, Meganisi, Patmos, Égine – ont déjà été déclarées en état d’urgence en raison de pénuries d’eau avant même le début de la saison estivale, les hébergements touristiques continuent de se multiplier”, note l’hebdomadaire dominical.
Signal d’alarme
Le tourisme, fleuron de l’économie grecque, exerce une forte pression sur les territoires insulaires particulièrement prisés des voyageurs. En 2025, le secteur avait battu un record pour la troisième année consécutive, avec 38 millions de visiteurs internationaux, sans compter les croisiéristes. Selon la Banque de Grèce, les recettes liées à l’industrie ont généré plus de 20,2 milliards d’euros sur l’année.
“La consommation saisonnière dans les îles grecques révèle l’un des exemples les plus extrêmes de stress hydrique dû au surtourisme en Méditerranée”, ajoute To Vima. Elle est multipliée par neuf à Mykonos, affiche une augmentation de 500 % à Santorin, de 344 % à Paros ou Karpathos.
“Les îles vivent un martyre”, dénonce de son côté le pure-player in.gr. “Elles lancent un signal d’alarme face à un développement incontrôlé, des infrastructures inadéquates et l’absence de projets modernes d’approvisionnement en eau, le tout combiné à la crise climatique”, appuie le média centriste.
Malgré un hiver particulièrement pluvieux dans le pays, les précipitations n’ont pas suffi à remplir les réserves pour l’été.
“L’essor rapide du tourisme a multiplié la consommation et, simultanément, accru la pression sur des infrastructures vétustes, régulièrement mises hors service”, confirme I Kathimerini.
35 % de pertes d’eau sur le réseau
Le quotidien de centre droit raconte l’essor des usines de dessalement sur les îles du pays, désormais au nombre de 62. Mais “les experts soulignent que les usines de dessalement ne sont pas une solution miracle, car il s’agit d’un choix énergivore ayant un impact environnemental, et qu’elles ne devraient être envisagées qu’en dernier recours”.
Le gouvernement a annoncé cette semaine un plan à 15 millions d’euros pour développer des infrastructures – citernes, réseau, usine de traitement… – dans un pays où les pertes d’eau sur le réseau s’estiment à 35 %.
“‘La stratégie nationale de l’eau’ reprend de nombreux constats d’une situation largement connue, mais est présentée comme si le gouvernement Mitsotakis venait d’entrer en fonction”, critique le journal d’opposition Efsyn.
“Le gouvernement s’est souvenu de prévoir des mesures pour remédier aux problèmes laissés par la crise économique, le manque d’investissement et une mauvaise planification”, ajoute le quotidien de gauche, s’inquiétant de mesures qui “dissimulent généralement aussi des augmentations des tarifs de l’eau” pour la population.
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