Lors de l’investiture officielle de Peter Magyar, le 9 mai, au Parlement hongrois, un groupe de jeunes Roms a marqué l’histoire en interprétant pour la première fois un chant de leur communauté lors d’une séance parlementaire inaugurale. Des images diffusées par le journal britannique The Guardian montrent des parlementaires émus, certains jusqu’aux larmes, en écoutant le groupe Sugo Tambura au milieu de l’hémicycle.

Leur présence est la concrétisation d’une promesse qui leur avait été faite par le chef du parti Tisza avant son élection, mi-avril. Alors candidat, en novembre 2025, lors d’une visite dans leur village pendant sa campagne électorale – durant laquelle il est allé à la rencontre des communautés roms –, il avait promis de les convier à l’inauguration en cas de victoire.

Les Roms, qui représentent 7 % de la population hongroise, sont régulièrement la cible de préjugés et d’attaques racistes. Ce qui a notamment été le cas en début d’année, quand le ministre des Transports et de la Construction les a qualifiés de “réserve interne” de main-d’œuvre qui pouvait servir à “récurer les toilettes dégueulasses des trains”.

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À quelques jours des élections législatives, en avril, The New York Times rappelait que Peter Magyar critiquait, pendant la campagne, “les politiques de M. Orban [qui] avaient ‘encore aggravé l’exclusion sociale’ des Roms”.

Alors que le concert du groupe est un “geste symbolique”, le Guardian remarque que “les défenseurs des droits des Roms ont saisi cette occasion pour appeler le nouveau gouvernement à veiller à ce que cela se traduise par de réels changements”. Pendant l’investiture, quatre membres roms du parti de Peter Magyar ont prêté serment en tant que députés du nouveau Parlement.