La télévision publique hongroise a diffusé jeudi 20 août son premier bulletin d’information depuis juillet, mettant fin à une suspension décidée par le nouveau gouvernement de Péter Magyar, qui s’est engagé à restaurer l’indépendance des médias publics.
Le contrôle de la presse constituait un pilier essentiel du gouvernement du prédécesseur de M. Magyar, le nationaliste Viktor Orban, qui a passé seize ans au pouvoir avant d’être évincé lors des élections d’avril. La réforme du système des médias publics figurait parmi les principaux engagements de campagne de M. Magyar, un conservateur pro-européen qui s’est engagé à opérer un changement de régime en Hongrie.
La principale chaîne de télévision publique, M1, avait suspendu tous ses programmes d’information le 7 juillet, alors que les réformes étaient lancées. Elle a diffusé son premier journal depuis cette date à 6 heures jeudi, jour de fête nationale en Hongrie. Le bulletin a commencé par un sujet consacré à la prise de fonctions, la veille, du nouveau président hongrois, Andras Baka, critique de Viktor Orban et ancien juge à la Cour suprême.
Dans un article, le site d’information indépendant Telex a estimé que le bulletin de vingt-cinq minutes proposait une couverture équilibrée, avec notamment des voix de l’opposition et des critiques du pouvoir, une situation inédite durant les années Orban. Des journalistes avaient auparavant raconté les difficultés qu’ils rencontraient pour faire leur métier sous Viktor Orban, ainsi que les efforts nécessaires pour restaurer la confiance du public.
Une réforme difficile à mettre en œuvre
Le groupe public de médias Kozmedia – auparavant appelé MTVA et regroupant plusieurs chaînes de télévision, dont M1, des stations de radio et l’agence de presse nationale MTI – a affirmé sur Facebook qu’aucune des personnes ayant précédemment travaillé aux bulletins d’information n’avait participé à l’édition de jeudi.
Mais plusieurs employés ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que, si quelques présentateurs et journalistes avaient été remerciés, les effectifs restaient pour l’essentiel inchangés.
Mercredi, Telex avait également rapporté que nombre des mêmes rédacteurs en chef et journalistes, qui « produisaient auparavant de la propagande », étaient toujours en poste, citant un courriel reçu d’une source interne.
La période de transition actuelle est supervisée par une direction intérimaire nommée par le gouvernement, qui a lancé des audits internes et une restructuration. Au début du mois, la direction avait essuyé des critiques après avoir nommé à la tête du département d’information une personne ayant auparavant travaillé pour des médias et des entreprises appartenant à l’entourage de Viktor Orban.
Face à ce mécontentement, notamment de la part de M. Magyar, le groupe audiovisuel avait annulé cette nomination dès le lendemain, suscitant de nouvelles critiques, notamment sur les ingérences du gouvernement.
Les réformes des médias publics devraient se poursuivre. Un nouveau directeur général, qui sera choisi dans le cadre d’un appel à candidatures ouvert avant la fin d’octobre, devrait mettre en œuvre les recommandations issues de consultations professionnelles et publiques actuellement en cours.