S’il faut juger le président américain, Donald Trump, à l’aune de ses déclarations, alors son aventure iranienne doit être rangée au premier rang d’une catégorie politique bien précise – celle des grands fiascos. Qu’elle se solde par un simili « accord » annoncé au moment où les Etats-Unis s’apprêtent à célébrer le 250e anniversaire de leur indépendance, le 4 juillet, est sans doute le signe d’un certain « déclin », écrit la talentueuse éditorialiste Michelle Goldberg, dans le New York Times du 16 juin.
Reprenons. Le 28 février, Donald Trump s’adressait, sur son réseau Truth Social, à la population iranienne. Le dirigeant républicain avait, disait-il, assemblé une « armada » historique au large de l’Iran : « Les bombes vont tomber de tous les côtés, partout. Et quand nous en aurons fini, ce sera à vous de vous mobiliser, de vous emparer de votre gouvernement. Ce sera votre tour. Et probablement la seule chance que vous aurez pour plusieurs générations. » Menée de concert avec l’aviation israélienne, une intense campagne de bombardements commençait.
Ambition affichée pour cette guerre de choix : faire tomber la République islamique au pouvoir à Téhéran et anéantir pour de bon son programme nucléaire. Lequel, à en croire Donald Trump, avait déjà été détruit une première fois lors d’une précédente vague de frappes aériennes israélo-américaines, en juin 2025, mais sans doute était-il plus sûr de l’écraser deux fois plutôt qu’une. Quelques semaines plus tard, alors que la direction politique de la République islamique avait été décapitée, le président des Etats-Unis annonçait le prochain mouvement : il ne sollicitait rien moins qu’une « reddition inconditionnelle » du régime iranien et il allait lui-même nommer les nouveaux dirigeants du pays. Cela ne s’est pas passé comme prévu. Et, depuis un cessez-le-feu annoncé début avril, le président américain a régulièrement trompeté qu’un accord allait être conclu au plus vite avec… la République islamique d’Iran – toujours debout. On y est.
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