“Durant quinze ans, à l’abri derrière le mur d’une maison dévastée de Homs, se trouvait une bibliothèque secrète”, s’émeut The Daily Telegraph.
Ce trésor caché, c’est celui d’Abou Bilal. En 2011, alors qu’une partie des Syriens se soulèvent contre le régime de Bachar El-Assad et que le pays bascule dans la guerre civile, ce citoyen de Homs, ville de l’ouest de la Syrie, décide de fuir vers le Koweït. Avant son départ, il prend cependant soin “de sceller sa vaste collection de livres à l’aide d’un faux mur, protégeant la tranche des livres avec des cartons aplatis”.
Quinze ans plus tard, un peu plus d’un an et demi après la chute du régime de Bachar El-Assad, en décembre 2024, Abou Bilal est rentré chez lui. Le 24 août, son fils, un dénommé Bilal Alwan, l’a filmé, marteau en main, frappant sur le mur qui cachait sa bibliothèque. Une vidéo qu’il a partagée sur ses réseaux sociaux ce 16 septembre.
“Profond changement culturel à l’œuvre”
Les images, reprises par la chaîne qatarie Al-Jazeera, montrent l’homme arracher peu à peu les couches de plâtre et de carton, avant de dévoiler une vaste collection de livres. “Dieu merci, elle est toujours là et en bon état. Dieu soit loué”, s’exclame-t-il, ému.
“Parmi les tomes à reliure de cuir ornés d’élégants motifs, des biographies du Prophète et des livres d’érudits sur l’islam sunnite”, détaille le Telegraph. Sous le régime de Bachar El-Assad, de nombreux livres étaient interdits, notamment ceux ayant trait à la politique et à la religion.
Gulf Today observe :
“La redécouverte de cette bibliothèque cachée illustre de manière frappante le profond changement culturel à l’œuvre aujourd’hui en Syrie : les livres dissimulés derrière des murs peuvent de nouveau apparaître au grand jour.”
Avec la chute de l’ancien régime, c’est tout le paysage littéraire syrien qui a pu évoluer. “En 2026, le Salon international du livre de Damas, le premier depuis la chute de Bachar El-Assad, présentait des ouvrages religieux auparavant interdits, des auteurs critiques envers l’ancien gouvernement, ainsi que des publications kurdes”, souligne Gulf Today.
Le quotidien établi aux Émirats arabes unis rapporte que, de manière générale, “les éditeurs ont constaté un net recul de la censure” sous le nouveau pouvoir d’Ahmed El-Charaa. Néanmoins, “plusieurs sources indiquent que des restrictions demeurent, notamment sur les livres jugés nuisibles à l’ordre public ou glorifiant le régime d’Assad”, conclut le journal.
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