Filmée le 17 août par des caméras de sécurité d’un hôtel de Santa Cruz de la Sierra, dans l’est de la Bolivie, la scène fait froid dans le dos. Deux hommes habillés en livreurs à moto, casque sur la tête, se dirigent posément vers une jeune femme qui semble attendre quelqu’un. Soudain, l’un d’eux tire sur elle avec un revolver, avant de repartir en courant.
La victime, Nadia Beller, est une avocate bolivienne de 33 ans, un temps membre du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti de l’ancien président Evo Morales (2006-2019), avant de passer dans le camp opposé et de soutenir la droite. Blessée par trois balles, elle a survécu après avoir subi une opération chirurgicale. Le lendemain, son ancien compagnon, l’Argentin Fernando Cerimedo, est arrêté à l’aéroport de Santa Cruz de la Sierra, alors qu’il s’apprête à embarquer pour Buenos Aires. Le parquet, qui le soupçonne d’être le commanditaire de l’agression, a ouvert une enquête pour « tentative de féminicide » et « enrichissement illicite » – l’équivalent de plus de 35 000 euros en liquide ayant été retrouvés chez lui – et a ordonné sa détention provisoire pour six mois.
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