La France, l’Espagne et le reste de l’Europe brûlent. En France, quatre sapeurs-pompiers sont morts [cet été] dans le cadre de leurs fonctions ; plus de 200 000 personnes ont été évacuées ; et près de 120 000 hectares ont brûlé. En Espagne, l’incendie de Los Gallardos [en Andalousie] a coûté la vie à 14 personnes. Les pompiers sont allés seuls au front avec l’appui, et il faudra s’en souvenir, des agriculteurs. Ce soutien montre que la lutte contre les feux n’est plus une simple affaire à résoudre entre les sapeurs-pompiers et le gouvernement. Elle implique toute la société.
Le réchauffement climatique progressera sans relâche et la fragmentation de la réponse institutionnelle à l’échelle européenne nous prend au piège. Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, appelle régulièrement à créer un grand « pacte d’Etat » face à l’urgence climatique. Nous le rejoignons, même si nous pensons qu’il faut d’abord l’élargir à la France, la Grèce, l’Italie et le Portugal, c’est-à-dire aux Etats les plus exposés au risque d’incendie.
Depuis, les choses s’accélèrent. A l’urgence de la réponse aux catastrophes doit répondre l’urgence de la coopération. Certes, l’Espagne et la France ont demandé l’activation du mécanisme européen de protection civile. Mais il est voué à intervenir trop tard et trop lentement, et les moyens humains et matériels à disposition sont largement insuffisants face à ce phénomène. A-t-on conscience que la coopération nécessite encore, en pareilles circonstances, d’en passer par les canaux administratifs formels alors qu’elle devrait être automatique ?
L’Europe méditerranéenne est en feu. L’Union européenne ne semble plus épargnée. Les Etats-nations sont logiquement dépassés par l’ampleur des événements. La multiplication des incendies gigantesques, des inondations et des glissements de terrain justifie de concentrer nos moyens. A cet égard, les frontières nous entravent et ne doivent pas freiner la construction d’une action intelligente et utile.
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