« Go Home USA » (« Rentrez chez vous, les Etats-Unis »), « Make America Go Away ! » (« Faites partir les Etats-Unis ! ») et « We are not for sale » (« Nous ne sommes pas à vendre ») : à Nuuk, l’inauguration du nouveau consulat américain a été perturbée, jeudi 22 mai, par une manifestation de 500 personnes. Selon l’Agence France-Presse (AFP), les protestataires ont fermement rejeté les velléités de Donald Trump de s’emparer du Groenland.
Pour Grethe Kramer Berthelsen, Groenlandaise de 68 ans, il s’agissait de mettre les points sur les i : « Le Groenland nous appartient. C’est notre pays. Il n’appartient ni au Danemark ni aux Etats-Unis, mais nous sommes un peuple, et nous vivons ici au Groenland », a-t-elle déclaré à l’AFP. « Asu [“stop”, en groenlandais] USA », arboraient certaines pancartes.
Les manifestants ont tourné le dos au consulat et observé deux minutes de silence pour exprimer leur mécontentement. « Nous devons absolument faire front ensemble contre cette attaque contre le Groenland », a expliqué une manifestante, Anne Nyhus. « Ce que Trump et ses associés se permettent de faire est tellement ignoble », a-t-elle déploré.
Visite de l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Groenland
Les nouveaux locaux, en plein centre de la capitale de l’île arctique, avaient été inaugurés un peu plus tôt en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Danemark, Kenneth Howery. « Le président a exclu le recours à la force. L’avenir du Groenland est une décision que les Groenlandais doivent prendre eux-mêmes », a-t-il affirmé, selon le média groenlandais KNR.
Le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a, lui, refusé de participer à l’inauguration. En début de semaine, il avait rencontré l’émissaire spécial de Donald Trump pour le Groenland, Jeff Landry, venu à Nuuk sans invitation cinq mois après sa nomination.
M. Landry avait déclaré mercredi à l’AFP que les Etats-Unis devaient renforcer leur présence sur le territoire autonome danois : « Il est temps que les Etats-Unis remettent leur empreinte sur le Groenland », avait-il affirmé à l’issue d’une visite de quatre jours. « Le Groenland a besoin des Etats-Unis », avait-il également affirmé.
Donald Trump a soutenu à plusieurs reprises que les Etats-Unis devaient contrôler le Groenland pour des raisons de sécurité nationale, affirmant que sinon ce territoire risquait de tomber entre les mains de la Chine ou de la Russie.