“Nous sommes ravis et espérons que les prochaines transcriptions, attendues par de nombreux couples, seront réalisées sans délai inutile”, se sont réjouis Jakub et Mateusz Trojan, cités par le site d’information en ligne de gauche OKO.press.
Ce couple homosexuel polonais, qui, comme le rappelle l’hebdomadaire progressiste Polityka, s’était marié en 2018 à Berlin, a enfin obtenu la reconnaissance de son union en Pologne, le 14 mai, à la mairie de Varsovie. Une première dans le pays, qui refusait jusqu’à présent de transcrire les mariages homosexuels contractés par ses ressortissants dans d’autres pays de l’UE, malgré une condamnation de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) en novembre 2025, et une condamnation de l’état civil varsovien par la Cour administrative suprême polonaise en mars.
Les excuses du gouvernement
“C’est un moment historique pour le mariage homosexuel”, écrit dans un autre article OKO.press, qui explique que ce dossier a longtemps patiné, freiné par l’“aile conservatrice de la Coalition civique [la formation du Premier ministre, Donald Tusk], dont Marcin Kierwinski, ministre de l’Intérieur, en tête”.
Mais le feu vert a été finalement donné par le chef du gouvernement qui, lors du Conseil des ministres, le 12 mai, a présenté ses excuses à “celles et ceux qui, pendant de nombreuses années, se sont sentis rejetés et humiliés”, souligne le quotidien libéral Gazeta Wyborcza. Donald Tusk a alors exhorté ses ministres de l’Intérieur et du Numérique à se mettre d’accord sur le contenu d’un décret. Décret qui devrait être définitivement signé dans les prochains jours, s’est engagé Marcin Kierwinski. Ce qui évitera d’en passer par une loi, contre laquelle le président conservateur Karol Nawrocki n’hésiterait pas à brandir son veto.
La mairie de Varsovie et également celle de Wroclaw (dans le sud du pays), qui a annoncé le 15 mai avoir procédé à la transcription d’une autre union homosexuelle, ont donc décidé d’agir comme bon leur semblait, en l’absence de consigne en vigueur.
Séduire les progressistes
“Le Premier ministre souhaite clairement effacer la mauvaise impression laissée par sa réflexion controversée de novembre 2025, lorsqu’il avait déclaré : ‘Ce n’est pas à l’UE de nous imposer quoi que ce soit en la matière’”, remarque le site d’information en ligne Onet, pour qui ces excuses ne tiennent pas du hasard. La publication relève ainsi qu’il y a six mois, le gouvernement tentait de “séduire l’électorat de droite” (qui avait prédominé lors de l’élection présidentielle), mais aujourd’hui, la gauche se maintient dans les sondages, alors que ses partenaires de coalition plus conservateurs sont en disgrâce.
Les réactions du PiS, les nationaux conservateurs au pouvoir de 2015 à 2023, ne se sont pas fait attendre. Ainsi le député Pawel Jablonski s’est demandé, au micro de la radio publique Polskie radio 24, “si une cour internationale ordonne à la Pologne de transcrire un certificat de mariage délivré par un pays appliquant la charia, qui autorise la polygamie, devrions-nous pour autant transcrire un certificat de mariage stipulant, par exemple, qu’un homme peut avoir trois épouses ?”
N’en déplaise au PiS et à l’extrême droite polonaise, les citoyens dont les mariages ont été transcrits et ceux qui le seront à l’avenir bénéficieront “des mêmes droits que les couples mariés en Pologne” : de la pension de réversion aux allocations”, conclut la publication consacrée au droit Infor.pl.
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