En direct Mardi 19 Mai 2026
Géopolitique

Jugé depuis mars, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, opposant numéro un à Erdogan, dénonce, de sa prison, « l’autocratie qui a fabriqué ce procès inéquitable »

Son arrestation, il y a plus d’un an, pour des accusations de corruption, avait déclenché une vague de manifestations en Turquie. Incarcéré, le maire d’Istanbul continue d’apparaître comme le principal adversaire politique du président Recep Tayyip Erdogan. Alors qu’il encourt 2 352 an

Jugé depuis mars, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, opposant numéro un à Erdogan, dénonce, de sa prison, « l’autocratie qui a fabriqué ce procès inéquitable »
HaitiCreoleRadio.com
  • M le mag M le mag
  • Turquie Turquie Turquie

Jugé depuis mars, le maire d’Istanbul Ekrem Imamoglu, opposant numéro un à Erdogan, dénonce, de sa prison, « l’autocratie qui a fabriqué ce procès inéquitable »

Par Nicolas Bourcier (Istanbul, correspondant)
Publié aujourd’hui à 06h00

Temps de Lecture 10 min.

Le visage trahit une fatigue. Avec son mètre quatre-vingts, son costume impeccable et sa démarche assurée, le maire d’Istanbul, 54 ans, prend encore la lumière. Mais, après plus de treize mois d’incarcération et plusieurs semaines de procès quasi quotidien, depuis le 9 mars, dans cet immense tribunal du centre pénitentiaire de Silivri, en lointaine banlieue de la mégapole du Bosphore, Ekrem Imamoglu semble marqué.

On devine une certaine patine, une gravité. Est-ce l’épreuve des 80 000 pages de l’acte d’accusation et ses annexes concoctées par le parquet, qui requiert jusqu’à 2 352 années de prison ? Celle des 142 charges pour « corruption », « espionnage » et « diffamation » retenues contre lui et ses 413 coaccusés, élus et collaborateurs de la ville, dans cette affaire qui pourrait durer des mois et même des années ? Ou le tragique d’une situation qui côtoie ici le grotesque ?

Pour l’instant, une seule chose est sûre : malgré les semaines écoulées, le candidat déclaré de l’opposition à la présidentielle turque de 2028 n’a rien perdu de son talent oratoire. Encore à midi, à l’heure de la pause en ce jour pluvieux du 22 avril, Ekrem Imamoglu, entouré d’une demi-douzaine de gendarmes, s’est levé et s’est adressé au public, venu en foule comme tous les jours.

« Ceci n’est pas un procès comme les autres », a-t-il lâché dans un geste ample vers les tribunes, avant de citer à la volée et sous les applaudissements des vers du poète Nazim Hikmet (1901-1963), rédigés peu avant la première guerre mondiale : « Une fumée enveloppait tout/une voix venait de loin/hélas, écoutez ce cri de la patrie/entendez-le/écoutez et jugez votre conscience en conséquence/le printemps brisé de la patrie/attend l’espoir de vous. » A l’égard de la cour et du pouvoir en place, le message était on ne peut plus clair.

Il vous reste 87.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Article précédent EN DIRECT, guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky se montre … Article suivant L’Europe, épicentre du réchauffement climatique, à l’épreuve…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !