Parler de la crise climatique en Europe n’est plus une affaire de projections. C’est un constat. Brutal, massif, et désormais impossible à reléguer dans le futur. Le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale et du service Copernicus sur le changement climatique, élaboré par une centaine de scientifiques et publié le 29 avril, le confirme sans détour : l’Europe est l’épicentre du réchauffement mondial.
Ce continent est celui qui se réchauffe le plus vite sur la planète, deux fois plus que la moyenne mondiale. Plusieurs facteurs expliquent cette sombre performance : sa situation géographique, des cercles vicieux climatiques, des modifications de circulation atmosphérique, mais aussi une amélioration de la qualité de l’air qui, en réduisant les particules réfléchissantes, accentue le réchauffement. Un paradoxe qui implique de réduire encore davantage les émissions de gaz à effet de serre pour poursuivre la lutte contre la pollution, enjeu majeur de santé publique.
L’année 2025 a multiplié les records. Elle figure parmi les trois plus chaudes jamais enregistrées en Europe. Un chiffre est particulièrement éloquent : au moins 95 % du continent a connu des températures supérieures à la normale. La chaleur a atteint jusqu’à l’Arctique, avec des pointes dépassant 30 °C au-delà du cercle polaire, des seuils auparavant impensables. A l’inverse, le froid recule. Les glaciers fondent partout, et le Groenland a perdu 139 milliards de tonnes de glace – l’équivalent de 100 piscines olympiques chaque heure. Or la disparition des surfaces blanches accroît l’absorption de chaleur : le système s’autoalimente.
Un autre basculement se joue au fond des mers européennes. La température de surface a atteint une valeur inédite et 86 % des zones maritimes ont subi des vagues de chaleur fortes ou extrêmes, nuisant à la biodiversité. Preuve d’un climat déstabilisé, l’Europe s’assèche tout en restant exposée aux inondations et aux pluies diluviennes. Avec la chaleur et la sécheresse vient le feu. Plus d’un million d’hectares de forêts ont brûlé, un record. Les incendies détruisent des puits de carbone et émettent du CO2 : là encore un cercle vicieux s’installe.
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