“La Nasa s’apprête à lancer une mission sans précédent pour sauver un télescope spatial en péril”, titre Scientific American.
En effet, le célèbre observatoire Swift de la Nasa, lancé en 2004, a vu son orbite décliner et “risque de s’abîmer dans l’atmosphère et d’y brûler”, écrit USA Today. “En moins d’un an, l’agence spatiale américaine et des partenaires de l’industrie aérospatiale ont monté une audacieuse mission de sauvetage au prix d’une course contre la montre”, ajoute le quotidien.
Mercredi 1er juillet, si les conditions sont propices, une fusée Pegasus XL sera lancée depuis un avion dans les îles Marshall, pour mettre elle-même en orbite le satellite robotique Link. Ce dernier a été conçu par une société de l’Arizona, Katalyst Space, pour se fixer à l’observatoire et le tracter jusqu’à une orbite plus élevée et plus stable.
“En cas de succès de la mission, ce serait la première fois qu’un appareil spatial robotique prend en main un satellite public qui […] n’a jamais été pensé pour une maintenance dans l’espace”, admire USA Today. La pratique pourrait s’étendre à d’autres satellites.
Une phase d’accrochage risquée
Avant son “rendez-vous” avec Swift, “Link passera deux à trois semaines à pratiquer des observations de Swift pour évaluer les meilleurs points d’accroche à l’observatoire”, précise Space.com.
L’engin est équipé de trois bras robotiques pour saisir Swift. Cette opération est “la phase la plus risquée” souligne l’astronome Anna Ho dans Scientific American : “L’observatoire est couvert d’une sorte de papier d’alu à des fins d’isolation thermique et personne ne sait dans quel état se trouve cette enveloppe, car personne n’a vu Swift de près depuis vingt ans.”
S’il y parvient, Link allumera ensuite ses moteurs ioniques, qui “élèveront doucement l’orbite des deux engins au fil de plusieurs mois”, explique Space.com.
“Malgré son urgence et le délai relativement court pour mettre Link en orbite, la mission de sauvetage dans son ensemble, lancement compris, n’a coûté que 30 millions de dollars [26 millions d’euros] à la Nasa”, souligne le site spécialisé. Elle pourrait prolonger de plusieurs années la durée de vie de cet observatoire et de ses trois télescopes particulièrement utiles aux scientifiques, notamment pour étudier les sursauts gamma, considérés comme les événements les plus lumineux de l’Univers.
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