L’arrivée du variant hautement pathogène de l’influenza aviaire en Australie était considérée comme probable, voire inévitable. Près de six ans après l’émergence du clade 2.3.4.4b du virus H5N1, qui a provoqué une épizootie sans précédent et décimé élevages de volailles comme populations d’animaux sauvages à travers le monde, le virus a finalement dépassé les territoires subantarctiques pour prendre pied sur l’île continentale, la dernière grande zone jusqu’alors épargnée. Le 20 juin, un labbe brun, un grand oiseau marin prédateur, a été le premier cas identifié. Depuis, le pays mène une course contre la montre pour protéger sa faune exceptionnelle. Les autorités ont ainsi entrepris, le 17 août, de vacciner 5 000 manchots pygmées, une campagne d’une ampleur inédite.
Ces oiseaux marins, au corps trapu et aux pattes courtes, ne pesant en moyenne qu’un kilogramme, font le bonheur des touristes dans le quartier balnéaire de St Kilda, à Melbourne, et sur Phillip Island, à quelque 70 kilomètres plus au sud. Ils font surtout, depuis les années 1960, l’objet d’un important suivi scientifique. La dernière grande colonie, située sur l’île, qui était tombée à environ 12 000 individus au milieu des années 1980, est remontée à environ 40 000 grâce aux mesures de conservation mises en œuvre.
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