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L’île de Yonaguni, sentinelle du Japon, en première ligne pour contenir l’expansionnisme chinois

Le Japon renforce ses bases militaires dans les îles du sud-ouest du pays, pivot essentiel pour contrer l’expansion navale de la Chine. Aux confins de l’Archipel, à une centaine de kilomètres à peine de Taïwan, l’oasis enchanteresse de Yonaguni fait figure d’avant-poste de la stratégie

L’île de Yonaguni, sentinelle du Japon, en première ligne pour contenir l’expansionnisme chinois
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L’île de Yonaguni, sentinelle du Japon, en première ligne pour contenir l’expansionnisme chinois

Par Philippe Mesmer (Yonaguni [Japon], envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 05h30

Temps de Lecture 12 min.

Le soleil est brûlant sur Yonaguni, petite île japonaise aux confins occidentaux de l’Archipel, située à quelques encablures de Taïwan. Fumie Kano n’en a cure. Visage rond, peau tannée, cheveux blancs coupés court sous un large chapeau de paille, elle milite au sein de l’association Isoba pour un avenir radieux à Yonaguni. Bravant la chaleur étouffante de ce mois de mai, elle dénonce des « exercices militaires qui ne sont rien d’autre qu’une incitation à la guerre ». Panneaux « No War ! » (« non à la guerre ! ») à la main, les manifestants protestent contre les manœuvres organisées par l’armée nippone du 17 au 22 mai. « Il faut promouvoir une diplomatie de la paix et nous laisser tranquilles », plaide-t-elle.

A quelques centaines de mètres, la base de Yonaguni des forces japonaises d’autodéfense (FJA), l’armée nippone, rappelle l’enjeu de la mobilisation. Mise en service en 2016, elle constitue l’un des avant-postes du renforcement militaire mis en place par Tokyo, dans un contexte de tensions sécuritaires régionales croissantes. Dans le petit port de Kubura, le ronronnement du navire Mikasa perturbe le va-et-vient des petits pêcheurs de marlins. Arrivé de Kyushu, la grande île du sud-ouest, ce bâtiment blanc bordé de bleu – sans lien avec le célèbre cuirassé homonyme de la marine impériale devenu musée – a débarqué camions militaires et blindés. Les exercices de déploiement rapide de capacités antinavires, en coordination avec les forces américaines, mobilisent près de 300 hommes, des moyens civils comme le Mikasa, ainsi que des missiles sol-mer Type 88 et des drones de reconnaissance. Avec un objectif : se préparer à toute menace émanant de la Chine, dont la montée en puissance militaire inquiète le Japon.

Cette ligne sécuritaire est martelée au point d’étouffer les appels au dialogue des militants de Yonaguni. Pour Ryuta Ikema, un autre manifestant, les manœuvres perturbent un voisinage déjà sensible avec Taïwan et la Chine. « Chaque fois, cela crée des tensions, insiste-t-il. Sur Yonaguni, la population ne cesse de diminuer, et la situation reste difficile. Nous avons besoin d’établir des relations amicales avec les pays voisins. »

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