Les taux d’intérêts flambent aux Etats-Unis et en Europe, atteignant des niveaux inconnus depuis deux, voire trois décennies. Si la hausse des dettes, notamment outre-Atlantique, est au cœur du problème, une autre question, vertigineuse, bouscule la planète financière : la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale), sans doute l’institution financière la plus importante au monde, dont dépendent les taux d’intérêt américains et par ricochet ceux de tous les autres pays, est-elle encore crédible ? Voilà plus de cinq années que l’inflation aux Etats-Unis dépasse son objectif officiel de 2 %, suscitant au plus haut niveau des questions sur son sérieux monétaire.
A cela s’ajoutent les coups de butoir politiques de Donald Trump, qui s’en est pris violemment à Jerome Powell, le précédent président de la Fed. Son successeur, Kevin Warsh, qui a pris ses fonctions le 22 mai, arrive en étant suspecté d’être au service du président américain, loin de l’indépendance normalement requise pour un tel poste.
Enfin, les débuts de M. Warsh ont été particulièrement chaotiques. Sa deuxième conférence de presse, le 29 juillet, a provoqué une vive réaction sur les marchés financiers, avec notamment une forte hausse des taux d’intérêt sur la dette américaine à long terme. « Son discours à Jackson Hole [dans le Wyoming, le 28 août lors du séminaire d’été de la Fed] sera crucial », estime Patrick Krizan, spécialiste des questions monétaires à Allianz Investment Management, la branche de gestion d’actifs de l’assureur allemand. Pour lui, le ver est dans le fruit : « On n’assiste pas à une implosion de la crédibilité de la Fed, mais à une érosion. »
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