Un “tsunami qui fracturerait” l’Ukraine. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a “vivement” rejeté l’idée d’organiser des élections en temps de guerre, défendue par son ex-ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, rapporte dimanche 23 août The Guardian.

C’est “la première fois” que le chef d’État ukrainien réagit à l’appel de l’ancien membre du gouvernement, limogé en juillet, et qui depuis multiplie les gestes de défi à l’égard du pouvoir, souligne le quotidien britannique. Cette figure politique très populaire en Ukraine, a notamment jeté un pavé dans la mare mardi avec une vidéo aux allures de clip de campagne dans laquelle il dénonce la corruption et appelle sans grande précision à “restaurer un processus démocratique” via des élections. Aucun scrutin ne peut être organisé sous la loi martiale, en vigueur depuis le début de l’invasion russe de février 2022.

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S’exprimant samedi devant un groupe de journalistes, Zelensky a jugé la demande de Fedorov “irréaliste alors que la Russie ne semble manifester aucun intérêt pour un cessez-le-feu”, souligne The Guardian. “Je pense que dans une guerre comme celle-ci, des élections en tant que telles sont un risque énorme”, a affirmé le président ukrainien, élu en 2019. “C’est pourquoi ma stratégie consiste à orienter le pays vers la fin de la guerre et à préserver un État indépendant et souverain.”

Selon The Kyiv Post, Zelensky a également insisté sur l’importance de préserver l’unité nationale, mettant en garde contre la création de « frontières intérieures » ou la division du pays en « camps », dans une pique semblant viser Fedorov.

Révélations sur le limogeage de Fedorov

Le président ukrainien a aussi pour la première fois “livré un récit détaillé des circonstances entourant le limogeage” de l’ancien ministre, rapporte The Kyiv Independent, qui était présent samedi dans la salle. Zelensky a affirmé qu’un conflit grave avait éclaté entre Fedorov et l’ancien commandant en chef de l’armée, Oleksandr Syrsky, au sujet de la répartition des compétences entre le ministère de la Défense et le commandement militaire. “Il ne peut pas y avoir de conflit à ce niveau entre les dirigeants”, a déclaré le président ukrainien. “Le commandant en chef ne peut pas travailler sans le ministère de la Défense et le ministre de la Défense, et le ministre de la Défense ne peut pas travailler sans le commandant en chef. C’est tout simplement une catastrophe dans un pays en guerre.”

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Alors qu’il doit accueillir lundi 24 août une réunion des États membres de la “Coalition des volontaires”, à l’occasion de la fête de l’indépendance de l’Ukraine, Zelensky a déclaré “ce week-end qu’il était davantage préoccupé par la situation sur le front et par la capacité de l’Ukraine à faire face aux multiples menaces russes”, rapporte The New York Times.

Kiev fait face, selon lui, à un déficit budgétaire annuel de 57 milliards de dollars et est confronté à une pénurie d’intercepteurs de défense antiaérienne pour se protéger contre un nombre croissant d’attaques de missiles balistiques.

Zelensky peut déjà compter sur le soutien de la Norvège, rapporte The Kyiv Post. Lors d’une réunion dimanche des dirigeants des pays baltes et nordiques à Kiev, le Premier ministre norvégien, Jonas Gahr Støre, a annoncé que son pays comptait maintenir une aide d’environ 7,7 milliards d’euros à l’Ukraine en 2027.

Zelensky a par ailleurs réaffirmé dimanche que la Russie se préparait à lancer une nouvelle mobilisation à l’automne. Selon lui, Moscou pourrait recruter 300 000 soldats supplémentaires cette année, rapporte CNN. “La Russie a perdu 267 000 hommes depuis le début de l’année, dont environ 155 000 ont été tués à ce jour”, a affirmé Zelensky. Un “chiffre impossible à confirmer”, note la chaîne américaine “mais qui correspond aux estimations de responsables occidentaux”.