[Cet article a été publié le 28 février et republié le 18 mai 2026]

La Nouvelle-Zélande, eldorado longtemps fantasmé par les expatriés, devient aujourd’hui un pays que l’on quitte. Dans une longue enquête, la Frankfurter Allgemeine Zeitung décrit un retournement migratoire inédit : jamais autant de Néo-Zélandais n’avaient quitté leur pays, au point que certains envisagent désormais l’Europe, voire l’Allemagne, comme terre d’accueil.

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En novembre 2024, l’organisme national de statistiques a annoncé que, “au cours des douze derniers mois, 72 684 Néo-Zélandais ont quitté le pays – plus que jamais auparavant”. Si le nombre d’arrivants de l’étranger maintient encore un solde migratoire positif, celui-ci est “le plus faible depuis douze ans”. La rupture est tant économique que morale. Beaucoup évoquent des salaires trop bas, un coût de la vie élevé et un marché du logement inaccessible. L’un d’eux résume : “La Nouvelle-Zélande a des salaires bas, un coût de la vie élevé et des maisons chères”, au point de se demander s’il est possible de “se permettre de fonder une famille”.

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Même l’image politique du pays s’est ternie. “La Nouvelle-Zélande se sent en ce moment très cassée. Rien ne fonctionne vraiment”, affirme le politologue Bryce Edwards, qui replace ce malaise dans un climat mondial, mais souligne sa profondeur locale. Selon lui, 63 % des personnes interrogées estiment que le pays “est sur la mauvaise voie”, un chiffre en hausse constante depuis des années, indépendamment des gouvernements.

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Ce désenchantement touche aussi les expatriés de retour et les binationaux. Jay van Dijk, un Néo-Zélandais ayant vécu en Allemagne, prévoit de s’installer à Munich : “Au moins, le nombre d’emplois y est nettement plus élevé”, explique-t-il, jugeant désormais les conditions de vie familiale meilleures outre-Rhin. Par ailleurs, l’Australie attire 58 % des émigrants néo-zélandais, notamment grâce à des salaires “supérieurs d’environ 25 % dans tous les secteurs”.

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Pour Oliver Hartwich, économiste germano-néo-zélandais, le pays “se déplace en quelque sorte à reculons”. Comparant Sydney et Wellington, il tranche : “On arrive en Nouvelle-Zélande et on se dit : que s’est-il passé ici ?” Longtemps rêvée comme refuge ultime, la Nouvelle-Zélande découvre ainsi ce que signifie devenir, à son tour, un pays de départ.