Ils font régulièrement la une des journaux tant leur effet sur la perte de poids est spectaculaire. Les médicaments analogues du GLP-1 (pour “glucagon-like peptide 1”), une hormone que sécrète le corps humain et qui régule le taux de glucose sanguin et l’appétit, ont été vite catalogués dans la presse comme des molécules révolutionnaires. Trop vite ? Plusieurs études récentes ont en effet montré qu’à leur arrêt, les kilos revenaient rapidement.

Mais les résultats d’un essai clinique, qui a évalué un médicament oral, offrent un peu d’espoir aux patients qui voudraient ou devraient arrêter les injections mais craignent de le faire.

Mieux que le placebo

“Les patients nous demandent fréquemment : ‘est-ce que je serais capable de maintenir ma perte de poids sur le long terme si le change mon traitement ?’”, a confirmé Louis Aronne lors du 33e congrès européen sur l’obésité, auquel le site d’actualités médicales Medscape a assisté du 12 au 15 mai à Istanbul, en Turquie. Ce médecin chercheur américain, l’un des pionniers dans le domaine de l’obésité, y présentait les résultats d’une étude portant sur l’orforglipron et parue simultanément dans Nature Medicine.

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L’étude a été menée sur 376 patients qui avaient eu des injections hebdomadaires soit de tirzépatide (Mounjaro) soit de sémaglutide (Wegovy ou Ozempic). Au bout de soixante-douze semaines, les volontaires passaient à des comprimés quotidiens d’orforglipron, une forme orale du sémaglutide, bien moins chers que les médicaments à injecter, ou bien on leur délivrait des comprimés qui contenaient un placebo.

À l’issue d’une année, ceux “qui avaient pris les comprimés avaient bien mieux réussi à contrôler leur perte de poids que ceux qui avaient pris le placebo”, indique The Guardian. Ceux qui avaient maigri grâce à des injections de Mounjaro conservaient 75 % de leur perte de poids avec l’orforglipron, contre 49 % avec le placebo. Quant à ceux qui avaient maigri grâce à des injections d’Ozempic ou de Wegovy, ils conservaient 80 % de leur perte de poids avec l’orforglipron, contre 38 % avec le placebo. “D’après les observations des chercheurs, passer aux comprimés à aussi permis de conserver les améliorations sur la tension artérielle, le taux de cholestérol et la glycémie”, complète le journal britannique.

Peu de données de sécurité

Ce qui fait dire Louis Aronne, cité par Medscape :

“Le message principal, c’est qu’il faut poursuivre les traitements et qu’un médicament oral pourrait aider beaucoup de patients à maintenir la perte de poids et le bénéfice métabolique.”

Interrogé par Scientific american, Daniel Drucker, de l’université de Toronto, au Canada, est prudent. Pour lui, si ces résultats “offrent une alternative à ceux qui préfèrent la prise de comprimés quotidiens aux injections”, il ne faut pas oublier que l’orforglipron n’est commercialisé que depuis le mois d’avril aux États-Unis (sous le nom de Foundayo). Il souligne le manque de données de sécurité sur le long terme de ces comprimés, en comparaison aux formes injectables disponibles depuis plus longtemps.