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La réponse lucide de Jake Johnston à Stephen Miller : quand les faits contredisent le slogan migratoire américain sur Haïti

Dans un échange récent sur les réseaux sociaux, Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure et figure influente de l’administration Trump, a résumé la plateforme démocrate en ces termes : « Les Haïtiens ne peuvent pas diriger Haïti, donc ils devraient tous vivre ici. Pareil po

La réponse lucide de Jake Johnston à Stephen Miller : quand les faits contredisent le slogan migratoire américain sur Haïti
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28 juin 2026
La réponse lucide de Jake Johnston à Stephen Miller : quand les faits contredisent le slogan migratoire américain sur Haïti
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La réponse lucide de Jake Johnston à Stephen Miller : quand les faits contredisent le slogan migratoire américain sur Haïti

  • by Rezo Nodwes
  • 28 juin 2026
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Dans un échange récent sur les réseaux sociaux, Stephen Miller, conseiller à la sécurité intérieure et figure influente de l’administration Trump, a résumé la plateforme démocrate en ces termes :

« Les Haïtiens ne peuvent pas diriger Haïti, donc ils devraient tous vivre ici. Pareil pour chaque pays du tiers-monde sur Terre. »

Cette déclaration lapidaire, typique d’une rhétorique anti-immigration radicale, occulte volontairement un élément central : l’implication historique et actuelle des États-Unis dans les affaires haïtiennes.

La réponse de Jake Johnston, chercheur au CEPR et auteur de Aid State, constitue une mise au point factuelle et nécessaire. Elle mérite d’être analysée en profondeur, car elle éclaire les contradictions d’une politique américaine qui, tout en dénonçant l’incapacité haïtienne, exerce de facto une influence considérable sur le pays.

Jake Johnston rappelle deux faits récents et concrets : l’envoi d’un navire de guerre américain au large des côtes haïtiennes afin de soutenir le Premier ministre souhaité par Washington, ainsi que les centaines de millions de dollars engagés pour financer le déploiement de troupes étrangères en Haïti.

Ces éléments ne relèvent pas de l’histoire ancienne — comme l’occupation américaine de 1915 à 1934 ou le transfert des réserves d’or haïtiennes en 1914 — mais d’actions contemporaines. Ils démontrent que les États-Unis ne sont pas de simples observateurs bienveillants face à un État « défaillant », mais des acteurs directs de la gouvernance haïtienne.

Cet interventionnisme s’inscrit dans une longue tradition. Depuis le début du XXe siècle, Washington a imposé des tutelles financières, soutenu des régimes autoritaires lorsque ceux-ci servaient ses intérêts et orchestré, ou accompagné, plusieurs transitions politiques.

Plus récemment, après l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans le choix des principales figures politiques haïtiennes, tout en soutenant la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), dirigée par le Kenya et financée en partie par Washington.

Des centaines de millions de dollars ont ainsi été mobilisés, non seulement pour l’aide humanitaire, mais également afin d’influencer l’ordre sécuritaire et politique du pays.

L’argument de Stephen Miller — « Les Haïtiens vivent en Haïti » et c’est leur pays — paraît relever du simple bon sens. Pourtant, il élude une question essentielle : celle de la souveraineté réelle.

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