C’est une “attaque qui pourrait s’avérer être l’une des plus importantes frappes aériennes” menées par la Russie contre l’Ukraine, observe le Kyiv Independent.
La Russie a lancé des “dizaines de missiles de croisière et de missiles balistiques” sur Kiev ainsi que sur d’autres villes du pays, dans la nuit du mercredi 1er juillet au jeudi 2 juillet, rapporte le média ukrainien. L’attaque a démarré tard dans la soirée par des tirs de drones venus de différentes directions, rapporte le Kyiv Post.
Le responsable de l’administration militaire de Kiev Timour Tkatchenko a fait état jeudi matin d’au moins huit morts et “un nombre important de blessés”. Il a précisé que 28 sites avaient été touchés par les attaques, “essentiellement des immeubles résidentiels et des infrastructures civiles”. “Une fois de plus, l’ennemi vise délibérément des zones résidentielles et tue des civils”, a-t-il écrit sur Telegram.
Selon The Guardian, “les 10 districts de la ville ont été affectés” par l’opération russe, “des deux côtés du fleuve Dnipro”. “Les frappes intenses ont déclenché un incendie dans un hôtel situé sur un boulevard central” de la capitale, précise le quotidien britannique. Jeudi, des personnes étaient également coincées dans un immeuble résidentiel de neuf étages endommagé, et le toit d’un autre bâtiment était en feu, selon le maire de Kiev Vitali Klitschke. L’édile a par ailleurs rapporté que plusieurs étages d’un immeuble résidentiel s’étaient effondrés après un impact direct. Dans un message publié sur Telegram, il a exhorté les habitants à rester dans les abris, décrivant une “attaque ennemie furieuse” en cours contre la capitale ukrainienne.
“L’ampleur réelle du bilan des victimes et des dommages reste incertaine, les frappes russes étant toujours en cours”, jeudi, souligne le Kyiv Independent.
En visite à Dublin, Zelensky rentre précipitamment à Kiev
Dès mercredi soir, “de nombreux habitants de la capitale se sont entassés dans les stations de métro avec des sacs de couchage et leurs animaux de compagnie, se préparant à y passer la nuit après que des alertes ont annoncé qu’une attaque de grande ampleur était imminente”, raconte la correspondante du New York Times en Ukraine, Cassandra Vinograd.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait lui-même sonné l’alarme mercredi, en pleine conférence de presse à Dublin, où il se trouvait à l’occasion du premier jour de la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne, rapporte Politico Europe.
Le chef d’État a été contraint d’écourter sa visite et de rentrer précipitamment à Kiev. “Nous savons que (Vladimir) Poutine prépare cette frappe massive contre l’Ukraine depuis un certain temps déjà”, a-t-il déclaré aux côtés du Premier ministre irlandais Micheál Martin. Zelensky a appelé les Ukrainiens à “redoubler de prudence pour se protéger”.
Une “stratégie bien connue du Kremlin”
“Beaucoup de personnes à Kiev s’étaient préparées à une attaque de grande ampleur”, rappelle The New York Times. “L’Ukraine a accru la pression sur le président russe Vladimir Poutine en lançant des attaques de drones à longue portée contre Moscou, en perturbant les approvisionnements russes en carburant et en frappant la Crimée – la péninsule que la Russie a annexée illégalement en 2014 – à l’aide de drones et de missiles”, rappelle le quotidien.
“Le bombardement nocturne de Kiev met en lumière une stratégie bien connue du Kremlin alors même que les dirigeants occidentaux se préparent au prochain sommet de l’Otan”, remarque le Kyiv Post. “Incapable d’obtenir une percée sur le champ de bataille ou de vaincre les forces ukrainiennes sur les lignes de front, la Russie a, à plusieurs reprises, dirigé ses frappes contre des zones civiles densément peuplées, cherchant à compenser sa stagnation militaire par la terreur”.
Comment l’Ukraine profite de la désorganisation de l’armée russe, privée de Starlink
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